ANGLE DOMINANT
Pékin mesure l'ampleur du bourbier judiciaire où s'enlise la politique tarifaire de Donald Trump, un signal d'instabilité pour l'ensemble de ses partenaires commerciaux.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Vingt-cinq États américains, dont l'Oregon et New York, ont saisi lundi la Cour du commerce international des États-Unis à New York.
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Les nouveaux droits de douane de 10% et 12,5% imposés le 24 juillet visent 60 partenaires commerciaux, dont l'Union européenne, au motif du travail forcé.
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Au Mexique, petits fabricants et grossistes de textile rapportent une hausse des coûts et des perturbations de leurs chaînes d'approvisionnement liées à l'incertitude tarifaire.
ANALYSE
Pékin, 4 août 2026. La bataille juridique ouverte à New York autour des droits de douane de Donald Trump est suivie de près par la diplomatie économique chinoise, qui y voit une nouvelle illustration de l'instabilité que Washington impose à ses partenaires commerciaux. Vingt-cinq États américains, dont l'Oregon et New York, dirigés par des procureurs généraux ou gouverneurs démocrates, ont saisi lundi la Cour du commerce international des États-Unis pour contester la dernière salve tarifaire, entrée en vigueur le 24 juillet: des droits de 10% et 12,5% frappant les importations de soixante partenaires, Union européenne comprise, au motif qu'ils ne feraient pas assez pour endiguer les exportations issues du travail forcé.
Selon la plainte, ces nouveaux droits, comme la plupart des précédents, excéderaient l'autorité légale du président en matière fiscale sur les importations. Le procureur général de l'Oregon, Dan Rayfield, a résumé l'argument des plaignants: "Malgré des défaites à chaque étape, Trump tente une nouvelle fois d'infliger davantage de chaos aux familles qui travaillent et aux entreprises locales." Cette action fait suite aux recours déposés par de petites entreprises dès l'entrée en vigueur des tarifs le mois dernier, recours qui, comme les précédents, ont déjà obtenu gain de cause contre les mesures tarifaires globales de Trump lors de son second mandat.
Au-delà du contentieux américain, la diplomatie économique chinoise retient les effets déjà tangibles de cette instabilité sur les partenaires commerciaux de Washington. Au Mexique, petits fabricants et grossistes de textile rapportent une hausse des coûts et des perturbations dans leurs chaînes d'approvisionnement, conséquence des droits appliqués aux importations hors accord de libre-échange, aggravée par des réglementations changeantes. Washington a accordé un délai de 90 jours pour un accord commercial plus large avec le Mexique, mais les analystes notent que les entreprises restent inquiètes face à l'incertitude des politiques à venir et à la pression exercée sur Mexico pour restreindre ses importations.
Pour Pékin, ce dossier illustre un schéma déjà documenté: des tarifs décrétés unilatéralement, contestés en justice, puis reconduits sous une autre forme malgré des revers juridiques répétés, au prix d'une incertitude durable pour les entreprises du monde entier, alliées américaines comprises.
