ANGLE DOMINANT
Londres scrute ce recours judiciaire avec un intérêt direct : le Royaume-Uni figure nommément parmi les pays visés par les nouveaux droits de douane que vingt-cinq États américains contestent devant la justice fédérale.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Vingt-cinq États américains, menés par la procureure générale de New York Letitia James, ont saisi la justice fédérale lundi pour contester les nouveaux droits de douane de Trump.
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Les nouvelles taxes, de 10% à 12,5%, visent 60 partenaires commerciaux dont le Royaume-Uni, la Chine et l'UE, et couvrent 99,4% des importations américaines selon l'USTR.
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Amazon a déjà perçu environ 600 millions de dollars de remboursements liés à l'annulation par la Cour suprême des précédents droits de douane, selon son directeur financier Brian Olsavsky.
ANALYSE
Londres, 4 août 2026. Le Royaume-Uni se retrouve, sans y être partie, au cœur d'une bataille judiciaire américaine qui le concerne directement. Vingt-cinq États américains, menés par la procureure générale de New York Letitia James, ont saisi lundi la justice fédérale pour tenter de faire annuler la dernière série de droits de douane décrétée par Donald Trump. Selon la BBC, ces nouvelles taxes, comprises entre 10% et 12,5%, sont entrées en vigueur en juillet et frappent des marchandises venues de soixante partenaires commerciaux, dont le Royaume-Uni, la Chine et l'Union européenne.
Washington justifie ces droits par l'échec allégué de ces pays à lutter contre le travail forcé dans leurs chaînes d'approvisionnement, en s'appuyant sur la section 301 du Trade Act de 1974. La coalition d'États plaignants, dans un document juridique consulté par la BBC, qualifie cette décision d'« arbitraire, capricieuse et contraire à la loi », accusant l'administration de se servir du travail forcé comme prétexte pour reconduire un régime tarifaire jugé illégal après la défaite de Trump devant la Cour suprême en février. Le porte-parole de la Maison-Blanche, Kush Desai, a répliqué que les États-Unis usent « d'une autorité légale » pour contraindre les pays défaillants à corriger leurs pratiques. Selon l'Office of the US Trade Representative, cité par la BBC, ces droits couvrent désormais 99,4% des importations américaines.
Pour Londres, l'enjeu dépasse le simple contentieux constitutionnel opposant des États américains à la Maison-Blanche : c'est la prévisibilité même du commerce transatlantique qui est en cause, alors que le Royaume-Uni figure explicitement parmi les soixante partenaires visés par ces nouvelles taxes. Une décision de justice invalidant ce dispositif, comme la Cour suprême l'a déjà fait en février pour les tarifs fondés sur l'IEEPA, offrirait un répit aux exportateurs britanniques exposés à ces surtaxes. L'Independent rappelle qu'Amazon a déjà perçu environ 600 millions de dollars de remboursements liés à l'annulation des précédents droits de douane, une partie devant être reversée aux clients — un précédent qui alimente, côté britannique, l'espoir d'un dénouement comparable si le recours des vingt-cinq États aboutit. Cet épisode illustre, aux yeux des observateurs britanniques, l'instabilité chronique de la politique commerciale de Washington, où chaque revers judiciaire semble suivi d'une nouvelle tentative plutôt que d'un changement de cap.
