ANGLE DOMINANT
Bogota mesure le double front ouvert par Washington : la bataille judiciaire des 25 États américains contre les nouveaux droits de douane de Trump, et l'exposition directe des fleurs et du cuivre colombiens à ces mêmes tarifs.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Vingt-cinq États américains dirigés par des démocrates ont saisi la justice fédérale lundi contre les tarifs de 10 à 12,5% imposés le 23 juillet à une soixantaine de pays, dont la Colombie taxée à 12,5%.
- 02
Le secteur floricole colombien (240 000 emplois, dont 150 000 directs) fait face à une hausse de 35% des coûts salariaux, pesant 60% de sa structure de coûts, selon la directrice d'Asocolflores Laura Valdivieso.
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Les États-Unis ont importé en juillet un volume record d'environ 200 000 tonnes de cuivre, un pic inédit en douze ans, les opérateurs anticipant une possible extension des tarifs au cuivre non transformé.
ANALYSE
Bogota, 4 août 2026. Vingt-cinq États américains dirigés par des démocrates ont saisi lundi la justice fédérale pour bloquer la dernière salve de droits de douane décrétée par Donald Trump. Le recours vise les tarifs annoncés le 23 juillet, entre 10% et 12,5%, appliqués à une soixantaine de partenaires commerciaux à l'issue d'une enquête accusant ces pays de tolérer le travail forcé dans leurs chaînes d'approvisionnement. La Colombie figure parmi les pays visés, avec un droit de douane fixé à 12,5%. Les États plaignants jugent qu'« il n'existe pas de relation rationnelle entre le prétendu problème du travail forcé dans les chaînes d'approvisionnement internationales et les droits de douane généralisés » imposés par le bureau du représentant au Commerce (USTR). Interrogé par l'AFP, le porte-parole de la Maison Blanche, Kush Desai, a défendu la mesure, assurant que Washington « utilise son autorité légale pour obtenir l'élimination de politiques, d'actes et de pratiques déraisonnables qui nuisent au commerce américain ».
Pour l'économie colombienne, la procédure n'a rien d'abstrait. Le secteur floricole, premier employeur agricole formel du pays avec 240 000 emplois dont 150 000 directs — 90% au salaire minimum —, traverse ce que la directrice d'Asocolflores, Laura Valdivieso, appelle une « tempête parfaite » : un dollar faible qui pénalise les recettes d'exportation, une hausse de 35% des coûts liée à la réforme du travail et au salaire minimum — 60% de la structure de coûts du secteur —, et désormais le tarif américain de 12,5% sur les fleurs, dont les États-Unis restent le premier débouché.
Le cuivre colombien est aussi exposé : Washington a reçu en juillet un volume record d'environ 200 000 tonnes métriques, un pic inédit depuis au moins douze ans, les opérateurs cherchant à devancer une éventuelle extension des droits de douane au cuivre non transformé, encore à l'étude.
Pour Bogota, l'issue du recours des 25 États pèsera directement sur la compétitivité de deux filières déjà fragilisées par la conjoncture monétaire et les coûts internes.
SOURCES (2)
- La RepúblicaMOYEN
