ANGLE DOMINANT
Mexico pèse les conséquences de cette troisième offensive judiciaire contre les droits de douane de Trump, alors que ses entreprises exportatrices restent suspendues à l'issue du bras de fer entre Washington et les tribunaux.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Vingt-cinq États américains ont saisi la justice fédérale pour contester des droits de douane pouvant atteindre 12,5 %, imposés à 59 pays et à l'UE (El Informador).
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La procureure générale de New York, Letitia James, dénonce une tentative d'augmenter « illégalement les impôts des familles et des entreprises » après le revers devant la Cour suprême.
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En février, la Cour suprême avait jugé que la loi IEEPA de 1977 n'autorisait pas les droits de douane de Trump, forçant des remboursements ; les tarifs temporaires de 10 % ont expiré le 24 juillet à minuit.
ANALYSE
Mexico, 4 août 2026. Vingt-cinq États américains ont saisi la justice fédérale lundi pour faire annuler la dernière salve de droits de douane décrétée par Donald Trump, une nouvelle manche judiciaire qui retient l'attention à Mexico où l'économie reste directement exposée aux soubresauts de la politique commerciale de Washington.
Selon El Informador, les procureurs généraux de ces États dénoncent des tarifs pouvant atteindre 12,5 %, imposés le mois dernier à 59 pays et à l'Union européenne au nom de la lutte contre les importations issues du travail forcé. La procureure générale de New York, Letitia James, a résumé l'enjeu : « Après avoir perdu devant la Cour suprême, l'administration tente à nouveau d'augmenter illégalement les impôts des familles et des entreprises avec une nouvelle salve de droits de douane. »
Ce nouveau recours intervient après un revers cinglant pour la Maison Blanche : en février, la Cour suprême avait jugé que la loi sur les pouvoirs économiques d'urgence internationale (IEEPA) de 1977, invoquée par Trump pour justifier des droits de douane à deux chiffres sur la quasi-totalité des importations, ne l'autorisait pas à le faire. Washington avait dû rembourser les importateurs. Des droits temporaires de 10 % avaient ensuite comblé le manque à gagner jusqu'à leur expiration, le 24 juillet à minuit, avant que l'administration ne se rabatte sur la section 301, invoquant cette fois le travail forcé.
Dans une tribune reprise par La Jornada, l'économiste Joseph Stiglitz qualifie ce nouveau prétexte de façade, relevant que la Chine, pourtant longtemps soupçonnée de recourir au travail forcé, échappe aux nouvelles mesures grâce à son contrôle des terres rares. Il rappelle l'acronyme TACO — Trump Always Chickens Out — pour décrire le recul systématique de Washington face aux partenaires capables de représailles.
Pour Mexico, l'enjeu dépasse le seul feuilleton judiciaire américain. Les entreprises mexicaines, très intégrées aux chaînes d'approvisionnement nord-américaines, subissent depuis des mois l'incertitude tarifaire créée par l'alternance de mesures annoncées, cassées par les tribunaux puis reformulées sous un nouveau fondement légal. Chaque cycle judiciaire prolonge l'instabilité pour les exportateurs et complique la planification des investissements transfrontaliers, sans qu'aucune décision définitive ne vienne clore le contentieux.
