ANGLE DOMINANT
Brasília décrypte un premier tour qui déjoue le calendrier du PT : la vague bolsonariste place Flávio devant Lula et ouvre une crise dans le camp présidentiel avant le second tour du 25 octobre.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Avec 99,99 % des urnes dépouillées, Flávio Bolsonaro obtient 47,03 % des suffrages valides contre 45,16 % pour Lula, soit 2,2 millions de voix d'avance (Folha, Estadão).
- 02
Le PL et ses alliés gagnent dès le premier tour dans 10 États contre 5 pour le PT et ses proches ; Tarcísio de Freitas est réélu à São Paulo avec 62,65 % (Folha).
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Aucun candidat arrivé deuxième au premier tour n'a retourné le résultat au second depuis 1989 ; le second tour a lieu le 25 octobre (Estadão).
ANALYSE
Brasília, 5 octobre 2026. Selon Folha et Estadão, avec 99,99 % des urnes dépouillées ce dimanche 4 octobre, le sénateur Flávio Bolsonaro (PL), 45 ans, recueille 47,03 % des suffrages valides contre 45,16 % pour le président Luiz Inácio Lula da Silva (PT), 80 ans. Augusto Cury obtient 2,89 %, Renan Santos 2,24 % et Ronaldo Caiado 2,18 %. L'abstention atteint 21,07 %. Folha souligne que l'écart, inférieur à deux points, est le plus faible jamais enregistré à un premier tour depuis la redémocratisation ; Flávio compte 2,2 millions de voix de plus que Lula et dépasse, avec 56,1 millions de voix, le score de son père en 2022.
La presse insiste sur la dimension territoriale. Flávio l'emporte dans 14 États et dans le District fédéral, et progresse dans le Rio Grande do Sul (55,6 % contre 35,7 %) et à Minas Gerais (48,2 % contre 43,3 %). Folha relève que le PL et ses alliés gagnent dès le premier tour dans 10 États, contre 5 pour le PT et ses proches, sur 20 gouverneurs élus, un record pour ce siècle. Tarcísio de Freitas est réélu à São Paulo avec 62,65 % ; Sergio Moro (PL) est élu au Paraná. Veja note que Michelle Bolsonaro obtient un siège de sénatrice du District fédéral et entame une carrière en solo.
Le récit dominant est celui d'un camp Lula pris de court. Estadão écrit que la première place de Flávio « a ouvert une crise au PT » ; le quartier général du président juge difficile de retourner des voix dans un climat antipétiste, et sa stratégie sera d'exploiter la crainte d'un retour de la famille Bolsonaro. Folha rapporte des dissensions dans le comité, des erreurs politiques et une communication déficiente ; des dirigeants du PT parlent de « changements profonds ». Lula avait dénoncé en votant « le miliciano » et le Banco Master, et opposé « démocratie » et « barbarie ».
La chronique de Marcelo Godoy (Estadão) rappelle que, depuis 1989, aucun candidat arrivé deuxième au premier tour n'a gagné le second, ce qui fait de Flávio le favori. Lula, à la différence de 2022, ne pourrait pas compter sur le ralliement de candidats éliminés : Cury devrait rester neutre, Caiado et Zema pencheraient pour Flávio. Selon cet article, le débat public a été absorbé par les affaires du Banco Master et du Tribunal suprême.
L'extérieur apparaît en arrière-plan. Estadão rapporte que Javier Milei a multiplié les messages en faveur de Flávio, qui a lancé « Viva la Libertad, Carajo » devant une télévision argentine. Veja cite The Economist, qui voit un « concours d'impopularité », et l'AFP, qui évoque une campagne de « profonde polarisation ». Dans son discours, Flávio s'est dit « très heureux » et a proclamé « la fin de l'ère du PT ».
