ANGLE DOMINANT
Ottawa décrypte ce premier tour brésilien comme un enjeu d'influence entre Washington et Pékin, où le sénateur Flávio Bolsonaro, allié de Donald Trump, affronte Lula le 25 octobre.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Selon CBC, le tribunal électoral compte un peu plus de 55,8 millions de voix pour Flávio Bolsonaro contre près de 53,2 millions pour Lula ; second tour le 25 octobre.
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CBC : une victoire de Bolsonaro augmenterait l'influence américaine en Amérique latine, alors que Lula approfondirait la relation avec la Chine.
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Le Globe and Mail rappelle les droits de douane de 50 % imposés au Brésil par Trump en 2025, liés au procès de Jair Bolsonaro, condamné à plus de 27 ans de prison.
ANALYSE
Ottawa, 5 octobre 2026. Pour la presse canadienne, le premier tour de la présidentielle brésilienne, tenu dimanche 4 octobre, se lit d'abord à travers le rapport de force entre Washington et Pékin. CBC News rapporte que ni Lula, 80 ans, qui brigue un quatrième mandat non consécutif, ni le sénateur Flávio Bolsonaro, 45 ans, fils de l'ancien président Jair Bolsonaro, n'a obtenu la majorité requise. Le tribunal électoral de Brasília crédite Bolsonaro d'un peu plus de 55,8 millions de voix contre près de 53,2 millions pour Lula. Les deux hommes se retrouveront au second tour le 25 octobre.
CBC insiste sur la portée internationale du scrutin : le vainqueur dirigera « la plus grande économie d'Amérique latine » et 214 millions d'habitants. Une victoire de Bolsonaro, présenté comme un allié du président américain Donald Trump, « augmenterait l'influence des États-Unis en Amérique latine », tandis qu'avec Lula le Brésil devrait garder ses distances avec Washington et approfondir sa relation avec la Chine. Le prochain mandat doit commencer le 5 janvier 2027.
Le Globe and Mail, dans un texte publié avant le vote, installe le même cadre. Une victoire du sénateur prolongerait selon lui une série de succès de candidats de droite alignés sur Trump en Amérique latine, alors qu'une réélection de Lula pourrait créer « un casse-tête » pour Washington, en conflit avec son gouvernement sur le commerce et la sécurité. Le quotidien rappelle que Trump a imposé en 2025 des droits de douane de 50 % sur le Brésil en les liant explicitement au procès de Jair Bolsonaro, condamné à plus de 27 ans de prison pour complot de coup d'État, procès qualifié de « chasse aux sorcières » par le président américain.
Le Globe décrit aussi une campagne dominée par les scandales de corruption, l'anxiété économique et les accusations d'ingérence américaine, avec peu de débat de fond : les deux favoris ont boycotté les grands débats télévisés. Chacun est rejeté par environ la moitié des électeurs. Flávio Bolsonaro promet de chercher l'amnistie pour son père, tandis que Lula oppose « la démocratie et le négationnisme » et dénonce l'ingérence étrangère. Le journal mentionne aussi les inquiétudes sur les finances publiques et la croissance atone.
Les deux médias traitent donc le scrutin comme un indicateur de l'orientation hémisphérique, davantage que comme une affaire strictement brésilienne.
