
ANGLE DOMINANT
Paris décrypte dans le texte des BRICS un consensus de façade, où onze capitales tirent de la même phrase des lectures diplomatiques opposées sur le Moyen-Orient.
POINTS CLES
ANALYSE
Paris, 13 septembre 2026. Onze signatures pour une seule phrase, mais que chacun lit à sa manière. La presse française décortique la déclaration commune adoptée samedi à New Delhi par les dirigeants des BRICS, qui exprime leur « vive préoccupation face à l'escalade continue des tensions au Moyen-Orient » et exhorte les parties à « la retenue maximale » et à la protection des populations civiles, selon France 24. Aucun pays n'y est nommé - ni l'Iran, ni Israël, ni les États-Unis - mais le document est décodé comme une critique indirecte des frappes américaines et israéliennes sur les installations nucléaires iraniennes, qui ont rouvert le conflit fin février.
L'unanimité affichée masque des positions nationales disjointes, que les articles français prennent soin de détailler. Pékin et Moscou, engagés dans une contestation frontale de l'hégémonie américaine, continuent de commercer avec Téhéran en dépit des menaces de sanctions répétées de Donald Trump, rapporte La Tribune. À l'inverse, les Émirats arabes unis ont suspendu dès août leurs échanges commerciaux et financiers avec l'Iran, après avoir été visés par des missiles iraniens - sans empêcher le président Massoud Pezeshkian et le prince héritier émirati cheikh Khaled ben Mohamed ben Zayed Al Nahyane de s'entretenir samedi en marge du sommet.
Le déplacement de Xi Jinping, sa première visite en Inde depuis 2019, retient également l'attention : le dirigeant chinois s'est entretenu samedi avec Narendra Modi, sept ans après un accrochage militaire meurtrier à la frontière himalayenne toujours disputée. La déclaration réclame en parallèle une réforme de la gouvernance mondiale, avec davantage de représentation des pays en développement au Conseil de sécurité de l'ONU, et condamne les droits de douane unilatéraux.
En toile de fond, le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui perdure six mois après le début des hostilités et continue de faire flamber les prix du brut, ainsi que l'offensive éclair des Houthis sur la côte yéménite, relayée par RFI, rappellent l'ampleur de l'escalade régionale que le texte de New Delhi tente de contenir.
ANGLE DOMINANT
Moscou revendique dans la déclaration de New Delhi la preuve que les BRICS s'imposent comme un pôle autonome de gouvernance mondiale, porté par l'appel de Poutine à adapter les institutions financières internationales et par le soutien du groupe à une réforme du Conseil de sécurité de l'ONU.
POINTS CLES
ANALYSE
Moscou, 13 septembre 2026. À New Delhi, les onze pays membres des BRICS ont adopté samedi 12 septembre, à l'unanimité, la déclaration de New Delhi, que la diplomatie russe présente comme la preuve que le bloc s'impose comme un pôle autonome de gouvernance mondiale. Citée par Interfax, la déclaration affirme que les participants sont « profondément préoccupés par l'escalade des tensions au Moyen-Orient et en Asie occidentale » et appellent « toutes les parties à la retenue maximale afin d'éviter une nouvelle aggravation », sans désigner aucun pays. Le texte salue les « efforts entrepris par le dialogue et la diplomatie » et réaffirme le soutien au principe des « deux États pour deux peuples » ainsi qu'au droit des Palestiniens à l'autodétermination.
Vladimir Poutine, présent aux côtés de Narendra Modi et Xi Jinping à la session BRICS+, a décrit le groupe comme « l'un des principaux centres de la gouvernance mondiale » et appelé les institutions financières internationales à s'adapter aux réalités économiques changeantes, rapporte Sputnik. Xi Jinping a annoncé que la Chine présidera les BRICS en 2027 et accueillera le 19e sommet, se disant prêt à contribuer à la stabilité au Moyen-Orient et dans le Golfe.
ANGLE DOMINANT
Dhaka retient de New Delhi surtout la revendication d'une gouvernance mondiale moins verrouillée, plus que la condamnation implicite de la guerre au Moyen-Orient
POINTS CLES
ANALYSE
Dhaka, 13 septembre 2026. Le Bangladesh retient de New Delhi une déclaration qui, sans nommer aucun pays, revendique une place plus large pour les nations en développement dans l'architecture mondiale. Les onze membres des BRICS — Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, Égypte, Éthiopie, Indonésie, Iran et Émirats arabes unis — ont adopté samedi 12 septembre 2026, à l'unanimité, la « Déclaration de New Delhi », qui exprime une « vive préoccupation » face à l'escalade au Moyen-Orient et appelle à « exercer une retenue maximale ».
Pour la presse de Dacca, l'essentiel du texte tient moins dans sa condamnation implicite de la guerre que dans sa demande de réforme de la gouvernance mondiale. Le document réclame une mise à jour structurelle du Conseil de sécurité de l'ONU, avec une représentation accrue pour l'Afrique, l'Asie, l'Amérique latine et les Caraïbes — une revendication que la Chine et la Russie, seuls membres permanents du Conseil présents au sommet, disent soutenir pour le Brésil et l'Inde. Narendra Modi a résumé l'ambition en clôture : « les changements du monde ne peuvent être pilotés par des institutions dépassées ; les réformes sont essentielles en matière de représentation, de réactivité et d'élaboration des règles. »
Le texte condamne aussi les mesures tarifaires unilatérales qui faussent le commerce, dans un contexte de sanctions américaines contre Téhéran et de sanctions occidentales contre Moscou, et encourage les membres à accroître l'usage de leurs monnaies nationales, pour réduire la dépendance au dollar. Un intervenant cité par la presse évoque la nécessité de « transformer cette pyramide de privilèges ».
ANGLE DOMINANT
Pékin retient du sommet de New Delhi moins la formule sur la « retenue maximale » au Moyen-Orient que la validation d'une réforme de la gouvernance mondiale portée depuis des années par les BRICS.
POINTS CLES
ANALYSE
Pékin, 13 septembre 2026. Pour la diplomatie chinoise, le 18e sommet des BRICS à New Delhi confirme une ligne défendue depuis des années : la réforme de la gouvernance mondiale au profit des pays émergents et en développement. Selon CGTN, agence officielle, la déclaration commune adoptée samedi réaffirme l'engagement des dirigeants à bâtir un système international et multilatéral « plus juste, équitable, agile, efficace, représentatif et responsable », porté par « une consultation extensive, une contribution conjointe et des bénéfices partagés ». Le texte réclame une « participation et représentation plus grandes et plus significatives des marchés émergents et des pays en développement, ainsi que des pays les moins avancés, dans les processus et structures de décision mondiaux » — une formule qui vise, sans le nommer, l'élargissement des instances de décision internationales, à commencer par le Conseil de sécurité de l'ONU.
La déclaration dénonce aussi, toujours selon CGTN, les tentatives « de saper unilatéralement le travail des institutions multilatérales mondiales et d'entraver l'exécution de leurs mandats respectifs », y compris « par la rétention délibérée des contributions statutaires ». Les dirigeants disent leur préoccupation face aux conflits en cours dans plusieurs régions du monde et à la polarisation de l'ordre international, sans citer nommément le Moyen-Orient ni aucune partie.
ANGLE DOMINANT
New Delhi revendique un succès diplomatique à trois volets : consensus arraché entre Téhéran et Abou Dhabi, mention nommée de l'attaque de Pahalgam dans le texte, et l'appel de Modi à transformer la « pyramide de privilèges » en gouvernance partagée.
POINTS CLES
ANALYSE
New Delhi, dimanche 13 septembre 2026. Pour la presse indienne, le 18e sommet des BRICS, ouvert samedi au Bharat Mandapam, restitue avant tout la réussite diplomatique de son hôte. The Hindu Business Line note que New Delhi a réalisé « un exercice d'équilibre diplomatique critique » en obtenant le consensus des onze membres sur une déclaration commune, malgré des divergences persistantes entre Téhéran et Abou Dhabi sur le Moyen-Orient. Swarajya précise que les tractations sur le texte se sont poursuivies « jusqu'à l'échéance », les deux capitales ayant longtemps campé sur leurs positions avant qu'un accord de dernière minute ne permette l'adoption de la « Déclaration de New Delhi ».
Le texte, qui condamne « dans les termes les plus fermes » l'attaque terroriste du 22 avril 2025 au Jammu-et-Cachemire, qui a fait 26 morts, est présenté par Free Press Journal comme une victoire personnelle de Narendra Modi : le Premier ministre « a veillé à ce que la question centrale du terrorisme ne soit pas oubliée », sans que le Pakistan y soit nommé. La déclaration rejette tout « double standard » dans la lutte antiterroriste et réaffirme le soutien de la Chine et de la Russie à la candidature indienne au Conseil de sécurité.
ANGLE DOMINANT
Katmandou mesure la prouesse diplomatique de New Delhi, qui a réussi à faire signer à l'unanimité un texte entre l'Iran et les Émirats arabes unis, deux membres jusque-là divisés sur la guerre au Moyen-Orient.
POINTS CLES
ANALYSE
Katmandou, 13 septembre 2026. Pour la presse népalaise, le sommet des BRICS à New Delhi se lit d'abord comme une victoire d'ingénierie diplomatique pour l'hôte indien. The Kathmandu Post rappelle qu'en mai, les ministres des Affaires étrangères du bloc avaient échoué à s'accorder sur une déclaration commune, les positions de Téhéran et d'Abou Dhabi sur la guerre au Moyen-Orient restant trop éloignées. Samedi, au premier jour du sommet, les onze dirigeants ont pourtant adopté à l'unanimité la « déclaration de New Delhi », exprimant une « vive préoccupation face à l'escalade continue des tensions au Moyen-Orient » et appelant à « exercer une retenue maximale », sans désigner aucune partie.
Le texte, cité par Online Khabar, insiste sur la protection des infrastructures civiles et des installations nucléaires : « Nous exprimons une sérieuse préoccupation face aux attaques délibérées contre les infrastructures civiles et les installations nucléaires pacifiques placées sous les garanties intégrales de l'AIEA, en violation du droit international. » Le groupe rappelle que la sûreté nucléaire doit être maintenue même en temps de conflit armé.
La déclaration dénonce aussi la multiplication des « mesures tarifaires et non tarifaires unilatérales » qui faussent le commerce, dans un contexte de sanctions américaines contre Téhéran et contre Moscou. Xi Jinping, ouvrant les travaux, a jugé que la guerre au Moyen-Orient « ne sert pas les intérêts communs de la communauté internationale », selon l'agence de presse chinoise citée par Online Khabar.
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Islamabad retient de New Delhi surtout la formule de Modi sur la « pyramide de privilège », plus que le détail de la guerre au Moyen-Orient.
POINTS CLES
ANALYSE
Islamabad, 13 septembre 2026. Onze pays réunis à New Delhi ont adopté samedi, à l'unanimité, une déclaration commune sur la guerre au Moyen-Orient. Le texte, retenu par la presse pakistanaise via les dépêches Reuters et Xinhua, exprime une « vive préoccupation face à l'escalade persistante des tensions au Moyen-Orient/Asie occidentale » et appelle les parties à « exercer une retenue maximale, ainsi qu'à éviter toute action susceptible d'aggraver davantage la situation ». Aucun pays n'y est nommé.
Ce que retiennent Business Recorder, Geo News et ARY News, ce n'est pas tant le contenu diplomatique de la déclaration que la portée qu'y donne le Premier ministre indien Narendra Modi à l'ouverture du sommet : « Nous devons transformer cette pyramide de privilège en une plateforme de partenariat », a-t-il lancé devant Xi Jinping, Vladimir Poutine et le président iranien Masoud Pezeshkian, réclamant un système « où chaque pays a une voix, où chaque membre a un enjeu ». Selon Modi, les BRICS représentent désormais la moitié de la population mondiale et 40 % du PIB planétaire — des chiffres repris tels quels comme preuve d'un basculement de l'ordre économique dominé par l'Occident.
Le président chinois Xi Jinping, en visite en Inde pour la première fois en sept ans, a jugé que la guerre au Moyen-Orient « ne sert pas les intérêts communs de la communauté internationale », selon l'agence d'État CCTV. Pékin prendra la présidence tournante des BRICS l'an prochain et accueillera le 19e sommet. La déclaration condamne aussi les « mesures tarifaires et non tarifaires unilatérales » qui faussent le commerce, dans un contexte de sanctions américaines contre Téhéran et Moscou.
ANGLE DOMINANT
Lisbonne mesure la prouesse diplomatique d'un texte adopté à l'unanimité malgré onze positions nationales divergentes, de Pékin à Téhéran en passant par Moscou.
POINTS CLES
ANALYSE
Lisbonne, 13 septembre 2026. À Nova Deli, l'exploit retenu par la presse portugaise n'est pas tant le contenu du texte que le fait qu'il existe. La Déclaration de Nova Deli a été approuvée samedi 12 septembre 2026 à l'unanimité par les onze chefs d'État des BRICS, dans la salle principale du centre de conventions Bharat Mandapam — un consensus que les rédactions lisboètes qualifient de « principal défi » de la rencontre, tant les positions nationales divergent sur la guerre au Moyen-Orient et sur l'Ukraine.
Le Jornal Económico souligne qu'« aucun des représentants n'a présenté d'objections », relevant la présence sans friction, autour d'une même table, du président chinois Xi Jinping, de son homologue russe Vladimir Poutine et du président iranien Masoud Pezeshkian. Pour la presse portugaise, cette photographie — onze capitales aux intérêts contradictoires signant un même paragraphe — constitue l'information, davantage que la diplomatie de fond.
Sur le contenu, RTP Notícias et SAPO Notícias citent le texte : « Nous exprimons une profonde préoccupation face à l'escalade continue des tensions au Moyen-Orient et, rappelant nos positions nationales respectives, nous appelons à la retenue maximale et à éviter toute action susceptible d'aggraver davantage la situation. » Fort de 140 points selon ces mêmes sources, le document exige la protection des civils et des infrastructures civiles, ainsi que le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des États — sans citer le détroit d'Ormuz, précisent les articles, tout en insistant sur le maintien « du flux constant du commerce mondial, des chaînes d'approvisionnement et de l'énergie ».
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Riyad pèse le sommet des BRICS de New Delhi avec la prudence d'un invité, pas d'un membre engagé dans le bloc
POINTS CLES
ANALYSE
Riyad, 13 septembre 2026. Le prince Faisal bin Farhan a atterri samedi 12 septembre à New Delhi « au nom du prince héritier et premier ministre Mohammed ben Salmane », précise le Saudi Gazette, pour représenter le royaume au sommet des BRICS non pas comme membre à part entière mais comme « pays invité ». Le déplacement s'inscrit sous le thème officiel du sommet, « Building for Resilience, Innovation, Cooperation and Sustainability », et vise, selon la présentation saoudienne, à « renforcer la coopération multilatérale face aux défis mondiaux partagés » plutôt qu'à endosser l'ensemble du programme du bloc.
C'est dans ce cadre que Riyad lit la déclaration commune adoptée samedi par les onze membres : un texte qui exprime une « vive préoccupation » face à l'escalade au Moyen-Orient et appelle à « exercer la retenue maximale », sans nommer aucun pays, rapporte Asharq Al-Awsat en citant l'AFP. Une formulation prudente, proche de la ligne diplomatique que le royaume tient depuis le début du conflit.
Le président chinois Xi Jinping a jugé que la guerre « ne sert pas les intérêts communs de la communauté internationale », tandis que le premier ministre indien Narendra Modi a appelé à « transformer cette pyramide de privilège en une plateforme de partenariat », rappelant le poids du groupe : 50 % de la population mondiale, 40 % du PIB mondial, plus d'un quart du commerce international.
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Londres décrypte la déclaration des BRICS comme un exercice d'équilibrisme dicté par l'ombre de Donald Trump, plus que comme un front uni contre Washington.
POINTS CLES
ANALYSE
Londres, 13 septembre 2026. Pour la presse britannique, le sommet des BRICS à New Delhi se lit moins comme un acte de défi collectif envers Washington que comme une démonstration des limites internes du bloc. La BBC souligne que « l'ombre du président Trump plane largement » sur les travaux, alors même que les États-Unis n'en sont pas membres. Les droits de douane imposés par la Maison Blanche et la guerre en Iran, qui ont déstabilisé les marchés énergétiques mondiaux, forment la toile de fond de la réunion, sans produire, selon la BBC, une déclaration nommant directement Washington.
L'analyse relayée par la BBC, citant Michael Kugelman de l'Atlantic Council, insiste sur les divisions internes : « L'Inde ne peut pas se permettre une déclaration commune qui s'en prend à Washington », rappelle-t-il, alors que New Delhi négocierait les derniers termes d'un accord commercial avec les États-Unis. La Russie et l'Iran auraient souhaité un ton plus offensif ; la Chine, elle, se montrerait prudente pour ne pas paraître instrumentaliser les BRICS contre Washington. Résultat, selon cette lecture : une critique jugée vague et indirecte plutôt qu'une ligne de front coordonnée.
The Independent situe le sommet dans le contexte plus large des guerres en Ukraine et au Moyen-Orient, ainsi que des tensions croissantes entre Washington et Pékin, qui mettent à l'épreuve la capacité du bloc à trouver un terrain d'entente. Le média rappelle que les BRICS, fondés en 2006 par le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine, rassemblent désormais onze pays, environ la moitié de la population mondiale et une part significative du PIB planétaire, et que la réduction de la dépendance au dollar figure parmi les priorités affichées, via la promotion des monnaies locales.
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Réunis samedi 12 septembre 2026 à New Delhi pour le 18e sommet des BRICS, les dirigeants des onze pays membres ont adopté à l'unanimité une déclaration commune, la « Déclaration de New Delhi ». Le texte exprime une « vive préoccupation » face à l'escalade des tensions au Moyen-Orient et appelle les parties à « la retenue maximale », sans nommer aucun pays. Il condamne les droits de douane unilatéraux, demande une réforme du Conseil de sécurité de l'ONU et encourage l'usage des monnaies locales. Xi Jinping a jugé que la guerre au Moyen-Orient ne servait pas les intérêts communs, et Narendra Modi a rappelé à son homologue chinois l'importance de la paix à leur frontière commune. La deuxième journée, dimanche 13 septembre, est consacrée à la technologie et à la résilience économique.
Le texte n'engage aucune partie nommément et ne fixe ni calendrier ni mécanisme pour la dédollarisation qu'il appelle de ses vœux.
Le texte condamne l'attentat du 22 avril 2025 au Jammu-et-Cachemire (26 morts) sans nommer le Pakistan.
Premier déplacement de Xi en Inde depuis 2019, sept ans après un accrochage meurtrier à la frontière himalayenne disputée.
En mai, les chefs de la diplomatie du bloc n'avaient pas réussi à s'accorder sur un texte commun, Iran et Émirats arabes unis étant divisés.
Bloqué par l'Iran en représailles, il continue, six mois après le début des hostilités, de faire grimper les prix du brut.
TASS souligne que la déclaration soutient la candidature de l'Afrique à une représentation permanente au Conseil de sécurité de l'ONU, en référence au Consensus d'Ezulwini, et précise que la Russie et la Chine, membres permanents du Conseil, ont réaffirmé leur soutien aux aspirations du Brésil et de l'Inde à y jouer un rôle accru. Le texte condamne aussi la multiplication des droits de douane et mesures non tarifaires jugés incompatibles avec les règles de l'OMC, et s'inquiète de la hausse des dépenses militaires mondiales au détriment du financement du développement.
Vedomosti, citant Reuters, relève que la principale difficulté a été de trouver une formulation sur le Moyen-Orient acceptable à la fois pour Téhéran et Abou Dhabi, après l'échec d'une déclaration commune des chefs de la diplomatie en mai. Le journal estime que le texte ne changera guère la donne géopolitique mais démontrera l'unité des pays en développement face aux mesures jugées pénalisantes, sanctions occidentales comprises. En marge du sommet, Poutine a tenu une rencontre bilatérale avec le président sud-africain.
Sur le Moyen-Orient, Xi Jinping a jugé que la guerre « ne sert pas les intérêts communs de la communauté internationale », tandis que Modi a rappelé à son homologue chinois que la paix à la frontière commune restait essentielle aux relations bilatérales. Les ministres des Affaires étrangères du groupe avaient échoué à s'accorder sur un texte commun en mai, freinés par les divisions entre l'Iran et les Émirats arabes unis sur le conflit du Golfe.
Dacca relève que le sommet s'est tenu sous une protection exceptionnelle, des dizaines de milliers d'agents déployés autour de Xi, Poutine et Modi. La seconde journée, dimanche 13 septembre 2026, doit porter sur la technologie, la résilience économique et le développement durable.
Côté chinois, l'agence ECNS souligne l'arrivée de Xi Jinping samedi à New Delhi, à l'invitation du Premier ministre Narendra Modi, pour ce sommet tenu du 12 au 13 septembre. Xi y participe, selon l'agence, pour « tracer une nouvelle voie pour le développement de haute qualité de la coopération élargie des BRICS », en « mutualisant la force collective du Sud global » et en apportant « stabilité et dynamique positive à un monde traversé par des mutations profondes ». La presse chinoise insiste ainsi moins sur le contenu du conflit évoqué que sur ce qu'il illustre : la nécessité, pour Pékin, d'un ordre multipolaire où les pays du Sud pèsent davantage dans les décisions collectives.
Sur la gouvernance mondiale, Modi a appelé à mettre fin à la « pyramide de privilèges » héritée des institutions actuelles, plaidant pour une « plateforme de partenariat » où le Sud global deviendrait « faiseur de règles plutôt que preneur de règles ». Swarajya nuance toutefois : la dédollarisation reste « de la rhétorique », le Groupe de travail sur les paiements étant seulement chargé de poursuivre ses études, sans calendrier ni mécanisme commun.
Sur le Moyen-Orient, l'appel à la « retenue maximale », sans nommer aucun pays, est lu à New Delhi comme la preuve que l'Inde a su faire tenir ensemble des partenaires aux intérêts opposés. Xi Jinping a assuré à Modi que Chine et Inde restent « partenaires, non rivales », même si son absence remarquée au dîner de gala samedi soir a nourri les commentaires sur un réchauffement encore prudent entre les deux voisins.
Au-delà du texte, la presse népalaise s'attarde sur le décor du sommet : Ratopati détaille les véhicules blindés amenés par Vladimir Poutine (l'Aurus Senat) et Xi Jinping (la Hongqi N-701), qualifiés de « forteresses roulantes » dont les caractéristiques réelles restent secrètes. Un symbole, pour Katmandou, de la difficulté à faire dialoguer des puissances qui arrivent blindées jusqu'à la table des négociations, mais qui repartent malgré tout avec un texte commun — prudent et sans nommer personne.
La presse pakistanaise rappelle qu'en mai, les ministres des Affaires étrangères du bloc n'étaient pas parvenus à s'accorder sur un texte commun, l'Iran, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis restant divisés sur le conflit déclenché fin février par des frappes américano-israéliennes. Le consensus de New Delhi est ainsi présenté comme une victoire diplomatique de l'hôte indien. Aucun article du pool consulté ne mentionne de position pakistanaise propre — le pays n'est pas membre des BRICS — la couverture se limitant à relayer les dépêches internationales sur la déclaration et le rôle de Xi.
Les rédactions relèvent aussi la condamnation des « mesures coercitives unilatérales contraires au droit international », jugées porteuses de « profondes implications négatives pour les droits humains » — une formule reprise presque mot pour mot par plusieurs titres, signe d'une source commune : l'agence espagnole EFE, citée dans chacun des articles consultés.
Le Portugal, petit État membre de l'UE et de l'OTAN, observe ce sommet à distance : aucune réaction officielle de Lisbonne n'accompagne ces dépêches, qui restent descriptives, centrées sur le texte adopté plutôt que sur ses implications pour l'ordre transatlantique.
Le président iranien Massoud Pezeshkian, présent au sommet peu après avoir averti que le Moyen-Orient n'a pas besoin des États-Unis comme « policier régional », intervient alors que les tensions menacent le détroit d'Ormuz — un rappel, pour Riyad, des risques directs que fait peser l'escalade régionale sur sa propre sécurité énergétique et maritime, indépendamment de son statut d'invité au sein du bloc.
Pour la presse britannique, l'enjeu n'est donc pas tant la déclaration elle-même que ce qu'elle révèle des équilibres à préserver : l'Inde jongle entre ses liens stratégiques avec la Russie et l'Iran et son rapprochement économique avec Washington, tandis que Pékin évite soigneusement toute posture qui donnerait des arguments supplémentaires à la Maison Blanche.