ANGLE DOMINANT
Paris décrypte dans le texte des BRICS un consensus de façade, où onze capitales tirent de la même phrase des lectures diplomatiques opposées sur le Moyen-Orient.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
La déclaration commune, adoptée samedi 12 septembre par les onze membres des BRICS à New Delhi, exprime leur « vive préoccupation face à l'escalade continue des tensions au Moyen-Orient » et appelle à « la retenue maximale » sans nommer aucun pays (France 24).
- 02
Pékin et Moscou continuent de commercer avec Téhéran malgré les menaces de sanctions répétées de Donald Trump, tandis que les Émirats arabes unis ont suspendu dès août leurs échanges commerciaux et financiers avec l'Iran après avoir été visés par des missiles iraniens (La Tribune).
- 03
Xi Jinping s'est rendu en Inde pour la première fois depuis 2019 et s'est entretenu samedi avec Narendra Modi, sept ans après un accrochage militaire meurtrier à leur frontière himalayenne toujours disputée (Sud Ouest).
ANALYSE
Paris, 13 septembre 2026. Onze signatures pour une seule phrase, mais que chacun lit à sa manière. La presse française décortique la déclaration commune adoptée samedi à New Delhi par les dirigeants des BRICS, qui exprime leur « vive préoccupation face à l'escalade continue des tensions au Moyen-Orient » et exhorte les parties à « la retenue maximale » et à la protection des populations civiles, selon France 24. Aucun pays n'y est nommé - ni l'Iran, ni Israël, ni les États-Unis - mais le document est décodé comme une critique indirecte des frappes américaines et israéliennes sur les installations nucléaires iraniennes, qui ont rouvert le conflit fin février.
L'unanimité affichée masque des positions nationales disjointes, que les articles français prennent soin de détailler. Pékin et Moscou, engagés dans une contestation frontale de l'hégémonie américaine, continuent de commercer avec Téhéran en dépit des menaces de sanctions répétées de Donald Trump, rapporte La Tribune. À l'inverse, les Émirats arabes unis ont suspendu dès août leurs échanges commerciaux et financiers avec l'Iran, après avoir été visés par des missiles iraniens - sans empêcher le président Massoud Pezeshkian et le prince héritier émirati cheikh Khaled ben Mohamed ben Zayed Al Nahyane de s'entretenir samedi en marge du sommet.
Le déplacement de Xi Jinping, sa première visite en Inde depuis 2019, retient également l'attention : le dirigeant chinois s'est entretenu samedi avec Narendra Modi, sept ans après un accrochage militaire meurtrier à la frontière himalayenne toujours disputée. La déclaration réclame en parallèle une réforme de la gouvernance mondiale, avec davantage de représentation des pays en développement au Conseil de sécurité de l'ONU, et condamne les droits de douane unilatéraux.
En toile de fond, le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui perdure six mois après le début des hostilités et continue de faire flamber les prix du brut, ainsi que l'offensive éclair des Houthis sur la côte yéménite, relayée par RFI, rappellent l'ampleur de l'escalade régionale que le texte de New Delhi tente de contenir.
SOURCES (5)
- France 24 ENMOYEN
- Sud OuestMOYEN
- La TribuneMOYEN
