ANGLE DOMINANT
Canberra recense une carte qui efface les frontières du Mexique au Groenland, et mesure la riposte diplomatique qu'elle déclenche à Reykjavik et Copenhague.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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ABC News Australia recense plus d'une douzaine de pays coloriés aux couleurs du drapeau américain sur la carte, du Mexique et du Canada jusqu'à Cuba, la Jamaïque, Haïti et les Bahamas.
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La ministre islandaise des Affaires étrangères Thorgerdur Katrin Gunnarsdottir a convoqué l'ambassadeur américain Billy Long, selon le diffuseur RÚV cité par PerthNow.
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Le ministre danois Lars Løkke Rasmussen a jugé la carte « dérangeante et, à bien des égards, totalement inappropriée », déclarant que Trump nourrit une « vision maximaliste » qu'il faut « contenir ».
ANALYSE
Canberra, 10 septembre 2026. La presse australienne dresse l'inventaire d'une carte publiée sans légende par Donald Trump sur Truth Social : les États-Unis, le Canada, le Mexique, le Groenland, l'Islande et une large partie des Caraïbes y apparaissent coloriés aux couleurs du drapeau américain. ABC News Australia en compte plus d'une douzaine, du Mexique et du Canada jusqu'à Cuba, le Guatemala, la Jamaïque, Haïti, la République dominicaine et les Bahamas. Aucune légende, aucune explication : le message s'ajoute à une salve d'environ cent publications postées pendant le week-end de la fête du Travail américaine.
ABC relie l'image à une série d'épisodes antérieurs : les propos répétés de Trump sur un Canada devenu « 51e État », ses déclarations sur une possible annexion du Groenland, les décrets renommant le golfe du Mexique et le lac Ontario, et son évocation en mars d'une possible prise de Cuba. Son administration attribue cette poussée territoriale au renforcement de la sécurité nationale américaine.
C'est l'Islande qui a réagi le plus fermement. Selon le diffuseur national RÚV, cité par PerthNow, la ministre des Affaires étrangères Thorgerdur Katrin Gunnarsdottir a convoqué l'ambassadeur américain Billy Long, en poste depuis un mois, pour lui signifier que la publication était inacceptable. La Première ministre Kristrun Frostadottir a qualifié la carte d'insulte aux Islandais. Le pays, membre de l'OTAN et situé à seulement 290 kilomètres du Groenland, avait vu ses électeurs rejeter en août un référendum sur la relance des négociations d'adhésion à l'Union européenne.
Copenhague a suivi. Le ministre danois des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen a jugé la carte « dérangeante et, à bien des égards, totalement inappropriée », auprès du diffuseur public DR, y voyant le signe que le président américain « nourrit encore une sorte de vision maximaliste » qu'il faut « contenir ». La Première ministre danoise Mette Frederiksen a rappelé que les Groenlandais avaient répété ne pas vouloir rejoindre les États-Unis.
Aucun média australien du corpus ne rapporte de réaction officielle mexicaine ou canadienne, bien que les deux pays figurent nommément sur la carte aux côtés des nations caribéennes. Le département d'État américain n'a pas répondu aux sollicitations.
