ANGLE DOMINANT
Ottawa reconnaît, dans la crise islandaise, le prolongement direct de la rhétorique du « 51e État » dont le Canada reste la cible la plus ancienne.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Trump a publié lundi 7 septembre en soirée, sans légende, une carte coloriant en drapeau américain le Canada, le Mexique, le Groenland, l'Islande et l'ensemble des Caraïbes et de l'Amérique centrale au nord du Nicaragua, selon le Toronto Sun.
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La ministre islandaise des Affaires étrangères Thorgerdur Katrín Gunnarsdóttir a convoqué l'ambassadeur américain Billy Long, la première ministre Kristrun Frostadottir déclarant : « Il n'y a rien de drôle ni de normal à se moquer de la souveraineté des États. »
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Le même week-end, Trump a publié un dessin le montrant frapper le premier ministre canadien Mark Carney avec un bâton de hockey en lui lançant « get up, governor », rappel du discours sur le Canada comme « 51e État ».
ANALYSE
Ottawa, 10 septembre 2026. Le Canada reconnaît, dans la crise qui secoue l'Islande, le prolongement direct d'une rhétorique qui l'a lui-même longtemps visé. Lundi 7 septembre, en fin de soirée, Donald Trump a publié sur Truth Social, sans aucune légende, une carte de l'Amérique du Nord et centrale entièrement coloriée aux couleurs du drapeau américain, étiquetant l'ensemble « United States of America ». Selon le Toronto Sun, la carte englobe, outre le Canada, le Mexique et le Groenland, Cuba, l'ensemble des Antilles et des Caraïbes, ainsi que l'Amérique centrale au nord du Nicaragua, et l'Islande.
C'est cette dernière inclusion qui a déclenché la crise diplomatique la plus visible. La ministre islandaise des Affaires étrangères, Thorgerdur Katrín Gunnarsdóttir, a convoqué l'ambassadeur américain Billy Long, entré en poste en août, pour lui signifier que la publication était « inacceptable », rapporte le diffuseur public RÚV. La première ministre Kristrun Frostadottir a ajouté : « Il n'y a rien de drôle ni de normal à se moquer de la souveraineté des États. » À Copenhague, le ministre danois des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen a jugé la publication « dérangeante et, à bien des égards, totalement inappropriée », y voyant le signe que « le président américain nourrit encore une sorte de vision maximaliste ».
La presse canadienne relève que le Canada figure au premier plan de cette carte et que la publication ne survient pas isolément. Le même week-end de la fête du Travail, Trump a posté un dessin le montrant en train de frapper le premier ministre Mark Carney avec un bâton de hockey, lui lançant « get up, governor » — une pique reprenant le vocabulaire du « 51e État » qu'il applique au Canada depuis plusieurs années. Le Globe and Mail souligne que cette salve intervient alors que l'Union européenne tentait, le même jour, de rassurer le Groenland par la promesse d'un partenariat renforcé et de centaines de millions d'euros d'investissement.
Aucun des articles canadiens consultés ne rapporte de réaction officielle d'Ottawa à la carte elle-même : la couverture s'organise presque entièrement autour de la riposte islandaise et danoise, le Canada demeurant, comme le Mexique, un pays nommé sur la carte mais silencieux dans le récit qui en découle.
