ANGLE DOMINANT
Reykjavik tranche sans détour : la carte sans légende de Trump est une atteinte à la souveraineté nationale, et l'ambassadeur américain en poste depuis un mois en a été informé directement.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
La carte publiée lundi 7 septembre par Trump inclut 23 nations souveraines et affiche 67 étoiles, contre 50 sur le drapeau américain réel, selon le décompte du Reykjavík Grapevine.
- 02
La Première ministre Kristrún Frostadóttir a déclaré : « Il n'y a rien de drôle ni de normal à se moquer de la souveraineté des États. »
- 03
La ministre des Affaires étrangères Þorgerður Katrín Gunnarsdóttir a convoqué l'ambassadeur américain pour transmettre un message qualifié de « totalement inacceptable ».
ANALYSE
Reykjavik, 10 septembre 2026. Lundi 7 septembre, Donald Trump a publié sur Truth Social, sans aucune légende, une carte où l'Amérique du Nord et centrale entière porte les couleurs du drapeau américain. Selon le décompte du Reykjavík Grapevine, l'image inclut 23 nations souveraines et affiche 67 étoiles, alors que le drapeau américain n'en compte que 50. Y figurent, outre l'Islande, le Canada, le Mexique, le Groenland, Cuba, le Guatemala ou encore les Bahamas.
La réaction islandaise a été immédiate. La Première ministre Kristrún Frostadóttir a jugé publiquement que « c'est une insulte envers les Islandais, les Canadiens, les Groenlandais de s'exprimer de cette façon. Il n'y a rien de drôle ni de normal à se moquer de la souveraineté des États, surtout aujourd'hui où elle n'est pas acquise. » La ministre des Affaires étrangères, Þorgerður Katrín Gunnarsdóttir, a détaillé sa décision de convoquer l'ambassadeur américain : « Il y avait une raison de convoquer l'ambassadeur à une réunion et de transmettre, de notre part, un message très clair : c'était totalement inacceptable. » Elle a précisé avoir été invitée par des responsables au sein même de l'administration américaine à ne pas prendre le président au pied de la lettre mais à le prendre au sérieux, insistant sur le fait que l'Islande est souveraine, un État indépendant responsable de son propre destin, qui exerce cette souveraineté selon ses propres termes.
Le média Heimildin replace l'épisode dans une série : Trump avait déjà coloré le Venezuela et le Groenland aux couleurs américaines, avant d'envahir le premier et d'intensifier ses tentatives d'annexion du second. Le site y voit l'expression d'une « doctrine Donroe », référence à la doctrine Monroe du XIXe siècle, selon laquelle les États voisins relèveraient de la sphère d'influence américaine plutôt qu'européenne. Heimildin rappelle que l'Islande a rejeté, fin août, l'ouverture de négociations d'adhésion à l'Union européenne, et qu'elle reste liée à Washington par un accord de défense bilatéral, actualisé sans débat public sous l'ancien ministre Guðlaugur Þór Þórðarson.
SOURCES (2)
- HeimildinMOYEN
- Reykjavík GrapevineMOYEN
