ANGLE DOMINANT
Oslo décrypte la convocation de l'ambassadeur Billy Long comme le prolongement d'une controverse ouverte dès janvier, avant même son entrée en fonction à Reykjavik.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le ministère adjoint des Affaires étrangères islandais a confirmé au quotidien Morgunbladid la convocation de l'ambassadeur Billy Long, selon Dagbladet.
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En janvier, alors candidat au poste, Billy Long avait plaisanté sur une Islande devenant le 52e État américain avec lui pour gouverneur, déclenchant une pétition signée par plus de 5000 Islandais.
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Le Honduras est absent de la carte publiée par Trump ; Dagbladet relie cette omission à la victoire présidentielle de Nasry Asfura, obtenue après une menace américaine de couper l'aide.
ANALYSE
Oslo, 10 septembre 2026. La presse norvégienne restitue l'affaire moins comme un différend cartographique frontal que comme le second acte d'une controverse née en janvier, avant même l'installation de l'ambassadeur américain à Reykjavik. Dagbladet et Aftenposten rapportent que Donald Trump a publié lundi sur Truth Social une carte où les États-Unis apparaissent considérablement agrandis : le Canada, le Mexique, le Groenland y figurent, ainsi que Cuba, Haïti, la Jamaïque, les Bahamas, le Guatemala, le Salvador, le Nicaragua — et, de façon jugée surprenante, l'Islande. Le Honduras, lui, reste une tache blanche sur ce dessin ; Dagbladet rappelle que l'homme d'affaires Nasry Asfura, visé par des accusations de corruption, y a remporté la présidence l'automne précédent après que Trump avait menacé de couper toute aide en cas de défaite.
Aucun des deux titres ne tranche si l'inclusion de l'Islande relève d'une intention ou d'une erreur : on ne sait pas encore s'il s'agit d'une bévue, écrit Dagbladet. La ministre islandaise des Affaires étrangères, Thorgerdur Katrin Gunnarsdottir, a convoqué l'ambassadeur américain Billy Long ; le ministère adjoint des Affaires étrangères a confirmé la démarche au quotidien Morgunbladid, selon Dagbladet. Lors de l'entretien, l'ambassadeur aurait reçu le message que la publication était totalement inappropriée.
Dagbladet insiste sur le fait que l'épisode n'est pas isolé pour ce diplomate : en janvier, alors simple candidat au poste, Billy Long avait plaisanté sur le fait que l'Islande pourrait devenir le 52e État américain, avec lui-même comme gouverneur. La sortie avait provoqué la colère des Islandais et forcé des excuses ; plus de 5000 d'entre eux avaient signé une pétition demandant à la ministre de ne pas accepter sa nomination. Il a néanmoins été confirmé et a pris ses fonctions en août.
En resituant la carte dans cet historique, la presse norvégienne traite moins l'image comme un fait diplomatique isolé que comme la confirmation d'un climat déjà installé entre Washington et Reykjavik, où les provocations, qu'elles viennent d'un compte présidentiel ou d'un ambassadeur en poste, appellent la même réponse protocolaire : la convocation, sans qu'aucun canal officiel américain ne les revendique ni ne les explique.
