ANGLE DOMINANT
Islamabad retient de la carte de Trump un schéma répétitif : après le Golfe du Mexique, le lac Ontario et le projet de rebaptiser le Nouveau-Mexique, c'est au tour du Canada, du Groenland et de l'Islande de voir leur territoire recouvert du drapeau américain sans la moindre explication officielle.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Trump a publié le 7 septembre 2026 une carte sans légende sur Truth Social montrant le Canada, le Mexique, le Groenland et l'Islande recouverts du drapeau américain sous la mention « United States of America » (The Express Tribune).
- 02
Reykjavik a convoqué l'ambassadeur américain Billy Long, en poste depuis le mois précédent, pour lui signifier que la publication était « totalement inappropriée » selon RÚV, cité par The Express Tribune.
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La Première ministre islandaise Kristrun Frostadottir a qualifié la carte d'« insulte aux Islandais, aux Canadiens, aux Groenlandais » et affirmé qu'il n'y avait « rien de drôle ni de normal à se moquer de la souveraineté des États » (Geo News).
ANALYSE
Islamabad, 10 septembre 2026. La presse pakistanaise place la carte publiée par Donald Trump sur Truth Social dans une série d'épisodes cartographiques débutée en janvier 2025 avec le Golfe du Mexique. Geo News rappelle que le président américain avait déjà ordonné le renommage du lac Ontario en « Lake America » au plus fort de la guerre commerciale avec le Canada, avant de proposer, le 6 septembre, de rebaptiser le Nouveau-Mexique « New America » — le mot « Mexico » barré et remplacé par « America » sur une carte publiée sans explication. Cette fois, un territoire bien plus vaste est concerné : les États-Unis, le Canada, le Groenland, l'Islande, le Mexique, l'Amérique centrale et les Caraïbes apparaissent recouverts du drapeau américain, l'ensemble étiqueté « United States of America », selon The Express Tribune, qui cite le radiodiffuseur islandais RÚV.
Reykjavik a convoqué lundi l'ambassadeur américain Billy Long, entré en fonctions le mois précédent, pour lui signifier que la publication était « totalement inappropriée ». La Première ministre islandaise Kristrun Frostadottir a été plus directe encore : « C'est une insulte aux Islandais, aux Canadiens, aux Groenlandais. Il n'y a rien de drôle ni de normal à se moquer de la souveraineté des États », a-t-elle déclaré, selon Geo News, qui note que la convocation d'un ambassadeur est « un geste diplomatique habituellement réservé aux griefs sérieux ». Le Premier ministre danois a rappelé que le Groenland avait « dit à plusieurs reprises » ne pas vouloir devenir américain.
Geo News souligne que la publication survient moins de deux semaines après le rejet par l'Islande d'une reprise des négociations d'adhésion à l'Union européenne, en pleine dispute tarifaire entre Washington et Ottawa. Un politologue cité par ce même titre évoque « un changement de ton manifeste » : les Islandais avaient l'habitude de voir les États-Unis comme leur protecteur.
Le département d'État américain, les ambassades de Copenhague et Reykjavik et le consulat de Nuuk n'ont pas répondu aux sollicitations, note The Express Tribune. Aucune revendication officielle n'accompagne l'image, postée sans légende parmi une centaine de messages sur Truth Social durant le week-end. Pour la presse pakistanaise, cartes retouchées, noms effacés et silence institutionnel dessinent une méthode plus qu'un incident isolé.
