ANGLE DOMINANT
Brasília retient le protocole comme seule réponse lisible : convocation d'un ambassadeur en poste depuis un mois, silence du département d'État, face à une image publiée sans revendication officielle.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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L'Islande a convoqué lundi 7 septembre l'ambassadeur américain Billy Long, en poste depuis le mois précédent, après la publication de la carte.
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Le ministère islandais des Affaires étrangères a qualifié la publication de « totalement inadéquate », selon la formule reprise par RÚV.
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Ni le département d'État américain, ni les ambassades à Copenhague et Reykjavik, ni le consulat de Nuuk n'ont répondu aux demandes de commentaire, relayées par Reuters selon la Folha.
ANALYSE
Brasília, 10 septembre 2026. Les rédactions brésiliennes retiennent d'abord la mécanique diplomatique déclenchée par une image postée sans légende. Le G1 rapporte que Donald Trump a publié, lundi 7 septembre au soir sur Truth Social, une carte où les États-Unis, le Canada, le Groenland, l'Islande, le Mexique, l'Amérique centrale et les Caraïbes apparaissent recouverts du drapeau américain, l'ensemble du territoire étant étiqueté « Estados Unidos da América ». Trump n'a donné aucune explication à la publication.
La Folha de S.Paulo et le G1 convergent, citant tous deux la radiodiffusion islandaise RÚV : Reykjavik a convoqué l'ambassadeur américain Billy Long, entré en fonctions le mois précédent, en réaction à l'image. La ministre islandaise des Affaires étrangères, Thorgerdur Gunnarsdottir, a fait savoir que « la position a été clairement exprimée : la publication était totalement inadéquate », selon la formule reprise par RÚV et citée par les deux titres brésiliens.
Le fil retenu par ces journaux insiste ensuite sur le silence côté américain : ni le département d'État, ni les ambassades de Copenhague et Reykjavik, ni le consulat de Nuuk n'ont répondu aux sollicitations — la Folha précise que ces demandes émanaient de l'agence Reuters. Le ministère islandais des Affaires étrangères lui-même n'a pas donné suite aux relances, notent les deux titres.
Les journaux replacent l'épisode dans une controverse plus ancienne sur le Groenland : les déclarations répétées de Trump sur une éventuelle acquisition du territoire danois autonome ont, rappellent-ils, déjà tendu les relations entre Washington et Copenhague, deux membres fondateurs de l'OTAN, avec des répercussions plus larges en Europe. Ils notent aussi que l'Islande a voté le mois précédent contre la reprise des négociations d'adhésion à l'Union européenne, lors d'un référendum où les intentions groenlandaises de Trump ont servi de toile de fond — certains partisans d'un rapprochement avec l'UE ayant invoqué des doutes sur la fiabilité américaine, même si des analystes cités attribuent le résultat surtout à des enjeux économiques internes.
Ce que la presse brésilienne ne développe guère, en revanche, c'est le contenu même de la carte : l'inventaire complet des pays coloriés, le contexte de la centaine de publications du week-end sur Truth Social, ou les réactions canadienne et danoise rapportées ailleurs. L'angle retenu à Brasília reste institutionnel — convocation, ministère, silence des canaux officiels — plutôt que descriptif de l'image elle-même, qui n'a fait l'objet d'aucune revendication formelle de Washington.
