ANGLE DOMINANT
Berlin décrypte dans ce verdict la résistance des contre-pouvoirs américains : malgré une supermajorité conservatrice nommée en partie par Trump, la Cour suprême confirme le droit du sol et rappelle les limites du pouvoir présidentiel par décret.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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La Cour suprême a confirmé le droit du sol par 6 voix contre 3 en s'appuyant sur le 14e amendement ; Trump avait déjà échoué dans toutes les instances judiciaires inférieures (Tagesschau)
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Le juge en chef John Roberts : « la citoyenneté était, alors comme aujourd'hui, le droit d'avoir des droits » — le décret ciblait les enfants de migrants irréguliers, de touristes et d'étudiants étrangers (FAZ)
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La Cour suprême n'avait pas eu à statuer sur la définition de la nationalité américaine depuis près de 130 ans, depuis un précédent de 1898 (ZEIT Online)
ANALYSE
Berlin, 2 juillet 2026. La Cour suprême des États-Unis a confirmé, par six voix contre trois, le droit du sol inscrit dans le 14e amendement de la Constitution, invalidant le décret signé par Donald Trump dès le premier jour de son second mandat. Pour la presse allemande, ce verdict est un recul sérieux pour le président, et surtout la preuve que l'état de droit américain résiste aux pressions de l'exécutif.
Le décret contesté visait à exclure de la citoyenneté les enfants nés sur sol américain de parents en situation irrégulière ou titulaires d'un visa temporaire — touristes, étudiants étrangers, ressortissants détachés temporairement. Présenté comme un pilier de la politique migratoire, l'ordonnance avait cependant été bloquée par plusieurs juridictions inférieures avant même d'atteindre la Cour suprême, et n'était jamais entrée en vigueur, rappelle la Tagesschau.
Le juge en chef John Roberts a rédigé la décision majoritaire. Selon lui, « la citoyenneté était, alors comme aujourd'hui, le droit d'avoir des droits ». Le 14e amendement, adopté il y a près de 150 ans, étendait ce principe à toute personne née sur le sol américain. Roberts a précisé que les enfants de personnes en situation irrégulière ou en séjour temporaire satisfont à la clause de citoyenneté, confirme la FAZ.
Ce vote 6-3 est politiquement significatif : Trump a lui-même nommé trois des six juges conservateurs de la supermajorité. La FAZ relève que le président comptait sur cette constellation pour gouverner par décrets. « L'état de droit en Amérique fonctionne », titre un éditorial du quotidien de Francfort, qui qualifie la décision de « revers sérieux » — Trump avait déjà échoué dans toutes les instances inférieures.
ZEIT Online rappelle que la Cour suprême n'avait pas eu à définir la nationalité américaine depuis près de 130 ans, depuis un précédent de 1898. Après le verdict, Trump a appelé sur Truth Social le Congrès à légiférer pour supprimer le droit du sol. Mais, note la Tagesschau, cela supposerait une révision constitutionnelle exigeant des majorités introuvables au Congrès et parmi les États fédérés.
La presse allemande glisse une comparaison discrète : la FAZ note qu'en Allemagne, les enfants de migrants en situation irrégulière ou de touristes n'obtiennent pas automatiquement la nationalité à la naissance — un modèle législatif distinct, qui n'a néanmoins jamais requis de forcer une clause constitutionnelle.
SOURCES (3)
- ZEIT OnlineMOYEN
- FAZMOYEN
