ANGLE DOMINANT
Rome décrypte une défaite constitutionnelle majeure pour Trump : le droit du sol américain résiste à l'exécutif, confirmé par six des neuf juges suprêmes et ancré dans 128 ans de jurisprudence.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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La Cour suprême a rejeté le décret Trump par 6 voix contre 3, en s'appuyant sur le précédent United States v. Wong Kim Ark (1898) qui garantit la citoyenneté à tout enfant né sur le sol américain
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Trump a appelé le Congrès à adopter une loi restreignant le ius soli, déclarant qu'aucun amendement constitutionnel n'est nécessaire et promettant son soutien total
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Les républicains du Capitole sont jugés peu enclins à agir avant les midterms, une majorité d'Américains restant favorable au droit du sol
ANALYSE
Rome, 2 juillet 2026. La Cour suprême des États-Unis a infligé mardi un camouflet à Donald Trump, rejetant par six voix contre trois son décret exécutif qui entendait restreindre le droit du sol — le ius soli — aux seuls enfants de personnes en situation légale sur le territoire américain. La presse italienne, de l'ANSA à Internazionale, décrypte une décision à fort poids constitutionnel : un président ne peut réécrire par décret un principe ancré dans 128 ans de jurisprudence.
Le décret de Trump stipulait que le ius soli ne s'appliquerait qu'aux enfants dont au moins un parent possède un domicile légal, excluant ceux des immigrés en situation irrégulière. La Maison-Blanche arguait que ces derniers ne seraient pas « soumis à la juridiction » américaine, au sens du Quatorzième Amendement. Les juges ont balayé cette thèse en s'appuyant sur United States v. Wong Kim Ark (1898), qui avait reconnu la citoyenneté à un individu né à San Francisco de parents sujets de l'Empire chinois. « Dans les 128 années suivantes, nous avons répétément interprété cette décision comme une garantie de citoyenneté pour tous les enfants nés aux États-Unis soumis à leur juridiction », tranche la sentence.
Un Trump frustré a réagi sur Truth, qualifiant le ius soli de « mal pour le pays » et louant la Chine pour ne pas avoir de droit de naissance. Il a exhorté le Congrès à agir : « Aucun amendement constitutionnel n'est nécessaire. Le Congrès devrait commencer aujourd'hui. Ils auront mon soutien total. » Le vice-président JD Vance a renchéri : « Ce n'est pas terminé. »
La presse italienne nuance cet élan : les républicains du Capitole, à quelques mois des midterms, sont jugés peu susceptibles de s'embarquer dans une telle réforme. Une majorité d'Américains reste favorable au ius soli, et tout candidat présidentiel en 2028 risquerait d'y laisser des plumes. Internazionale rappelle que Trump avait pourtant nommé trois juges conservateurs — Gorsuch, Kavanaugh et Barrett —, mais que cette majorité conservatrice n'a pas hésité à le désavouer sur ce dossier central.
La session de la Cour s'est close sur un bilan contrasté : la défaite sur le ius soli est nette, mais Trump a obtenu l'aval des juges pour interdire aux athlètes transgenres de participer aux compétitions féminines, une victoire symbolique qu'il portait depuis des mois. Pour les médias italiens, la conclusion s'impose : le pouvoir judiciaire demeure un contrepoids institutionnel effectif, même face à un exécutif qui l'a partiellement recomposé.
