ANGLE DOMINANT
Paris décrypte un revers institutionnel majeur pour Trump : trois juges conservateurs de sa propre Cour suprême ont refusé de valider la suppression du droit du sol.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le décret Trump du 20 janvier 2025 supprimant la citoyenneté de naissance a été invalidé par 6 voix contre 3, dont 2 des 3 juges conservateurs nommés par Trump
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John Roberts a écrit que 'la citoyenneté est le droit d'avoir des droits — de participer librement à notre communauté politique'
- 03
Trump avait affirmé à tort que les États-Unis étaient 'le seul pays' à pratiquer le droit du sol, alors que cette pratique existe dans de nombreux autres États
ANALYSE
Paris, 1er juillet 2026. La Cour suprême des États-Unis a infligé, par six voix contre trois, un revers cinglant à Donald Trump sur l'une des mesures les plus symboliques de sa politique migratoire : la suppression du droit du sol. La plus haute juridiction américaine a jugé anticonstitutionnel le décret présidentiel visant à priver de citoyenneté les enfants nés sur le sol américain de parents en situation irrégulière ou en séjour temporaire.
Le décret en question avait été signé dès le 20 janvier 2025, premier jour du second mandat de Donald Trump, dans un geste d'affichage politique fort. Depuis lors, il avait été censuré par l'ensemble des tribunaux saisis, avant d'atteindre la Cour suprême. Cette dernière, à majorité conservatrice, a conclu que les enfants concernés sont bien « citoyens à la naissance » en vertu du 14e amendement de la Constitution, adopté en 1868 à l'issue de la guerre civile.
Ce qui frappe les commentateurs français : la fracture au sein du bloc conservateur. Trump avait lui-même nommé trois juges de la Cour, mais deux d'entre eux ont voté contre son décret. John Roberts, le président de la Cour, s'est aligné sur les magistrats progressistes. Dans son opinion, il affirme que « la citoyenneté est le droit d'avoir des droits — de participer librement à notre communauté politique », rappelant que le 14e amendement avait voulu inclure toute personne libre née sur le territoire.
La presse française relève aussi la contradiction entre les affirmations répétées de l'administration et les faits. Trump avait soutenu que les États-Unis étaient « le seul pays » à accorder la citoyenneté de naissance — affirmation factuellement inexacte, de nombreux États pratiquant le droit du sol. Le vice-président JD Vance avait qualifié cette politique de « la politique d'immigration la plus stupide du monde », et le conseiller Stephen Miller de « la plus monstrueuse des abominations constitutionnelles ».
Pour la France, ce dossier résonne différemment : la République ne pratique pas le droit du sol pur, mais s'appuie sur le droit du sang et des critères de résidence. L'analyse hexagonale souligne néanmoins la robustesse des contre-pouvoirs américains face à un exécutif qui avait tenté de remodeler par décret un principe constitutionnel vieux de cent cinquante-huit ans. Le verdict constitue une défaite politique d'autant plus cuisante pour Trump qu'elle vient en partie de juges qu'il croyait acquis à sa cause.
