ANGLE DOMINANT
Paris pointe, dans cette vente de F-35 à l'Arabie saoudite, moins un contrat d'armement qu'une brèche technologique potentielle vers Pékin, doublée d'un risque pour l'avantage militaire d'Israël.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le contrat porte sur 48 F-35A et 49 moteurs Pratt & Whitney F135, pour un montant estimé à 24,3 milliards de dollars, soumis à l'examen du Congrès pendant 30 jours.
- 02
Des analystes du renseignement américain, cités par le New York Times, redoutent que la Chine accède à la technologie furtive du F-35 via ses partenariats avec Riyad.
- 03
Israël, seul pays du Moyen-Orient à exploiter le F-35, avait exprimé de fortes réserves ; le département d'État affirme que la vente ne modifiera pas l'équilibre militaire régional.
ANALYSE
Paris, 18 septembre 2026. La presse française retient d'abord le risque technologique plus que le montant du contrat. Le département d'État américain a donné, jeudi 17 septembre, son feu vert à la vente de 48 avions furtifs F-35A de Lockheed Martin à l'Arabie saoudite, ainsi que 49 moteurs Pratt & Whitney F135, pour un montant estimé à 24,3 milliards de dollars, soit environ 21 milliards d'euros. Le Congrès, informé comme l'exige la loi, dispose désormais de 30 jours pour s'y opposer, mais Le Monde et RFI notent que la Chambre des représentants est déjà en congé avant les midterms, ce qui rend, selon L'Express, une objection ayant en pratique très peu de chances d'être adoptée.
Le fil conducteur des titres français est la crainte d'un accès chinois à la technologie furtive américaine. L'Express rappelle que des rapports internes, consultés par le New York Times, pointent l'accès dont disposent des militaires chinois aux bases saoudiennes et l'utilisation par Riyad de technologies chinoises dans ses télécommunications et sa défense. Le député démocrate Raja Krishnamoorthi, cité par Le Monde et RFI, avertit que Washington pourrait « mettre les joyaux de la technologie militaire américaine à la portée du Parti communiste chinois ».
Le département d'État justifie la vente en affirmant qu'elle renforcera « la capacité de l'Arabie saoudite à dissuader les menaces actuelles et futures » sans modifier « l'équilibre militaire dans la région » — une clause destinée à préserver l'avantage qualitatif d'Israël, seul pays du Moyen-Orient à exploiter le F-35, qui avait exprimé de fortes réserves. La Tribune souligne que seuls vingt pays au monde pilotent l'appareil, un cercle très fermé où la Turquie, exclue du programme en 2019 après l'achat de systèmes russes S-400, aimerait figurer.
Le contexte régional pèse lourdement sur cette décision : Riyad, engagé depuis février dans le conflit né des frappes américano-israéliennes contre l'Iran, fait aussi face depuis juillet à une offensive houthiste soutenue par Téhéran, qui revendique même avoir abattu un F-15 saoudien au-dessus de Marib. Cette vente s'inscrit, selon Le Monde, dans une série d'achats majeurs d'armements saoudiens en 2026. Aucun article français ne mentionne d'alternative européenne ou française à ce contrat.
SOURCES (4)
- L'ExpressMOYEN
- La TribuneMOYEN
