ANGLE DOMINANT
Islamabad mesure la vente de F-35 à l'aune de la guerre que Riyad mène contre les Houthis au Yémen, où l'appel saoudien à une aide militaire directe de Washington pèse autant que le contrat d'armement lui-même.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le département d'État a approuvé jeudi 17 septembre la vente potentielle de 48 F-35A et 49 moteurs Pratt & Whitney F135 à l'Arabie saoudite, pour 24,3 milliards de dollars, sous réserve d'un examen de 30 jours par le Congrès.
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Mohammed ben Salmane a demandé la semaine dernière une aide militaire à Donald Trump contre les Houthis, qui menacent la mer Rouge ; Trump a proposé un partage de renseignement sans accepter de frappes directes, selon The Express Tribune.
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Le département d'État affirme que la vente « ne modifiera pas l'équilibre militaire dans la région », alors qu'Israël reste le seul pays du Moyen-Orient à exploiter le F-35 depuis une décennie.
ANALYSE
Islamabad, 18 septembre 2026. La presse pakistanaise relaie sans détour l'annonce de Washington : jeudi 17 septembre, le département d'État américain a donné son feu vert à la vente potentielle de 48 avions furtifs F-35A Lightning II de Lockheed Martin à l'Arabie saoudite, pour un montant estimé à 24,3 milliards de dollars. Le paquet inclut 49 moteurs Pratt & Whitney F135, des équipements de communication, des pièces détachées et un soutien logistique, précise la notification transmise au Congrès. Selon The Express Tribune, les élus disposent de 30 jours calendaires pour examiner ou s'opposer à la transaction avant sa finalisation.
Pour Islamabad, la vente s'inscrit dans le contexte immédiat de la guerre que mène Riyad contre les Houthis au Yémen. The Express Tribune rappelle que le prince héritier Mohammed ben Salmane a sollicité, la semaine dernière, une aide militaire du président Donald Trump pour combattre les rebelles alignés sur l'Iran, alors que ceux-ci intensifient leurs menaces contre la mer Rouge. Trump a tenu au moins deux échanges téléphoniques avec le dirigeant saoudien sans accepter que Washington frappe directement les Houthis, mais en promettant un partage de renseignement et une aide au ciblage. Business Recorder relève, en lien contextuel, que les Houthis affirment avoir abattu un avion de chasse saoudien.
Le département d'État justifie la vente par le renforcement de « la sécurité d'un allié majeur non membre de l'OTAN, facteur de stabilité politique et de progrès économique dans le Golfe », et assure qu'elle « ne modifiera pas l'équilibre militaire dans la région ». L'ambassade saoudienne à Washington a salué la proposition sur X, la décrivant comme une nouvelle étape de la coopération de défense entre les deux pays, reflet de « la force et du caractère durable du partenariat stratégique saoudo-américain ».
Les articles pakistanais relèvent aussi la portée symbolique du dossier : Israël reste le seul pays du Moyen-Orient à exploiter le F-35 depuis une décennie, construit sur une doctrine américaine garantissant à Tel-Aviv une « avance militaire qualitative » sur les États arabes voisins. Une vente à Riyad testerait donc cette doctrine, tandis que l'Arabie saoudite, premier client mondial des armes américaines, réclame l'appareil depuis des années pour moderniser son aviation.
