ANGLE DOMINANT
Israël exige que Washington préserve son avance militaire qualitative avant toute livraison de F-35 à l'Arabie saoudite
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le département d'État a approuvé jeudi 17 septembre la vente possible de 48 F-35A et 49 moteurs Pratt & Whitney F135 à l'Arabie saoudite, pour 24,3 milliards de dollars, sous réserve de l'examen du Congrès
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Israël est actuellement le seul pays du Moyen-Orient à exploiter le F-35
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Le bureau de Netanyahu affirme que des ententes avec Washington préserveront l'avance israélienne, tandis que des responsables de la défense israéliens redoutent une exposition de certaines capacités israéliennes
ANALYSE
Jérusalem, vendredi 18 septembre 2026. Le département d'État américain a approuvé jeudi la vente potentielle de 48 avions de combat furtifs F-35A Lightning II et de 49 moteurs Pratt & Whitney F135 à l'Arabie saoudite, pour un montant estimé à 24,3 milliards de dollars. La transaction, qui inclut équipements, formation et soutien, n'est pas encore un contrat définitif : elle doit encore franchir l'examen du Congrès américain. Washington affirme que cette vente renforcera la capacité de Ryad à dissuader les menaces contre le royaume et améliorera l'interopérabilité avec les forces américaines, alliées et de l'OTAN, tout en assurant qu'elle « ne modifiera pas l'équilibre militaire dans la région ».
Pour Israël, seul pays du Moyen-Orient à exploiter actuellement le F-35, l'annonce ranime une inquiétude ancienne. Selon Haaretz, le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu affirme que des ententes conclues avec Washington permettront de préserver l'avance israélienne. Mais des responsables de la défense israéliens, cités par le même journal, redoutent que la présence de l'appareil dans l'aviation saoudienne expose certaines capacités israéliennes. Le président Donald Trump avait confirmé cette vente en novembre 2025, après une rencontre avec le prince héritier Mohammed ben Salmane à l'occasion de la signature d'une série d'accords diplomatiques.
Au Jerusalem Post, l'expert Jonathan Ruhe, du Jewish Institute for National Security of America, estime que la vente ne devrait avancer qu'une fois réglées deux questions : l'intégration de l'Arabie saoudite dans une architecture de sécurité régionale dirigée par les États-Unis, et la préservation de l'avantage militaire qualitatif (QME) d'Israël, garanti par la loi américaine depuis 2008. « Le programme F-35 tout entier est conçu pour soutenir la défense collective dirigée par les États-Unis », a-t-il déclaré, ajoutant que « l'avantage qualitatif d'Israël est un facteur clé de cette intégration régionale, et devrait se refléter dans toute vente éventuelle de F-35 au royaume ».
La transaction survient alors que Ryad reste engagé dans le conflit régional, un facteur que Haaretz relie directement à l'approbation américaine. Pour Israël, la question n'est donc plus de savoir si l'Arabie saoudite obtiendra l'appareil, mais à quelles conditions Washington garantira que son avance technologique et opérationnelle sur ses voisins survive à cette première livraison régionale.
