ANGLE DOMINANT
Singapour scrute la vente comme un test de l'avance militaire qualitative garantie à Israël, autant que comme un risque de fuite de la technologie furtive du F-35 vers la Chine.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
La vente approuvée le 17 septembre porte sur 48 F-35A et 49 moteurs Pratt & Whitney F135, estimée à 24,3 milliards de dollars américains (30,9 milliards de dollars singapouriens), notifiée au Congrès sans calendrier de livraison précisé.
- 02
Israël reste le seul pays du Moyen-Orient à exploiter le F-35, une décennie après sa mise en service, et la loi américaine impose de préserver son avance militaire qualitative sur les États arabes de la région.
- 03
Washington avait exclu la Turquie du programme F-35 en 2019 après l'achat par Ankara d'un système de défense antiaérien russe, par crainte que Moscou n'accède à la technologie furtive de l'appareil.
ANALYSE
Singapour, vendredi 18 septembre 2026. Le département d'État américain a approuvé jeudi 17 septembre la vente potentielle de 48 avions de combat furtifs F-35A de Lockheed Martin à l'Arabie saoudite, pour un montant évalué par Washington à 24,3 milliards de dollars américains, soit 30,9 milliards de dollars singapouriens selon la conversion retenue par le Straits Times. Le contrat inclut 49 moteurs Pratt & Whitney F135, des équipements de communication, des pièces détachées et un soutien logistique. Le Congrès américain, désormais notifié, doit encore se prononcer ; aucun calendrier de livraison n'a été communiqué.
Pour la presse de la cité-État, l'enjeu dépasse le simple contrat d'armement : il s'agit d'un test de la doctrine américaine dite de « l'avance militaire qualitative » d'Israël, seul pays du Moyen-Orient à exploiter le F-35 depuis une décennie. Le Straits Times souligne que la vente marquerait « un changement de politique significatif », susceptible d'altérer l'équilibre des forces militaires au Moyen-Orient tout en mettant à l'épreuve cet engagement américain envers Tel-Aviv. Riyad, premier client mondial des armes américaines, réclame l'appareil depuis des années pour moderniser son aviation et contrer les menaces régionales, notamment iraniennes ; le royaume aurait formulé une demande directe auprès du président Donald Trump début 2025.
Channel News Asia relie cette approbation à un précédent : Washington avait exclu la Turquie, membre de l'OTAN, du programme F-35 en 2019, après que l'achat par Ankara d'un système de défense antiaérien russe eut fait craindre que Moscou n'accède à la technologie furtive de l'appareil. La même préoccupation, note la chaîne, ressurgit désormais autour des partenariats saoudiens jugés proches de Pékin. Le département d'État assure pourtant que la vente « n'altérera pas l'équilibre militaire dans la région » et qu'elle renforcera la défense du territoire saoudien ainsi que l'interopérabilité avec les forces américaines.
Pour Singapour, petit État qui a lui-même misé sur le F-35 pour son aviation, la question du contrôle de cette technologie furtive - et des conditions imposées à chaque nouvel acheteur - n'est pas abstraite : elle conditionne la valeur stratégique de l'appareil pour tous ses opérateurs, y compris les plus discrets.
