ANGLE DOMINANT
Buenos Aires pèse la crise française comme un test politique pour Macron et Lecornu : couvre-feux, démission refusée de Nuñez et campagne présidentielle déjà lancée.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Lecornu a annoncé lundi 19 octobre avoir demandé aux préfets « plusieurs couvre-feux partiels » (Perfil), Les Halles étant cité comme point sensible.
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Environ 2 400 arrestations et près de 1 000 policiers blessés selon le ministère de l'Intérieur, Macron ayant refusé la démission de Nuñez (Ámbito).
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Le CAC 40 reculait de 1,5 % lundi et l'euro à 1,1208 dollar, selon l'AFP citée par Perfil.
ANALYSE
Buenos Aires, 19 octobre 2026. La presse argentine suit la crise française comme une épreuve pour l'exécutif à l'approche de la présidentielle. Perfil rapporte que le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé lundi 19 octobre, après une réunion de crise, qu'il demandait aux préfets de décréter « plusieurs couvre-feux partiels », sans préciser les villes. Il a cité Les Halles, point « problématique » par sa valeur symbolique et ses connexions de transport. À Marseille, les manifestations ont été interdites de 12 h à 20 h, et Denain a imposé un couvre-feu nocturne.
Ámbito souligne que l'état d'urgence reste une option, Lecornu jugeant les couvre-feux plus adaptés à la situation. Le quotidien relie la mesure à la démission proposée par le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, refusée par Emmanuel Macron, qui exige de nouvelles méthodes policières. Perfil note que l'exécutif a dû reconnaître un échec d'anticipation et de maintien de l'ordre, et cite Macron réclamant de « nouveaux modes opératoires » contre barricades et pillages.
Le bilan est détaillé : environ 2 400 interpellations, près de 1 000 policiers blessés selon le ministère de l'Intérieur, 3 000 commerces pillés d'après Perfil, un mort par arrêt cardiaque à Paris et l'incendie de l'hôtel de ville de Limoges. La Nación décrit le discours de Macron dimanche 18 octobre : « colère et honte », distinction entre manifestants légitimes et casseurs, « Ceux qui ont détruit doivent payer », pendant que majorité et opposition s'accusent. MercoPress rappelle que Marine Le Pen met en cause Jean-Luc Mélenchon et que Jordan Bardella juge que « l'ordre n'existe plus dans ce pays ». Les ONG dénoncent un usage disproportionné de la force contre des mineurs.
L'angle économique domine aussi : Perfil titre sur des marchés européens en baisse lundi, le CAC 40 perdant 1,5 % et l'euro reculant à 1,1208 dollar, la violence ravivant les craintes sur les comptes publics. Clarín élargit à l'Italie, où Milan a connu des pillages le week-end. Ámbito signale enfin une nouvelle mobilisation des gilets jaunes samedi 24 octobre, que les autorités redoutent.
