ANGLE DOMINANT
Singapour scrute une France où le Premier ministre Lecornu réclame des couvre-feux localisés, tandis que la presse insiste sur l'impuissance d'un Macron en fin de mandat, à six mois de la présidentielle.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Lecornu a demandé aux autorités régionales des couvre-feux « partiels » et « localisés » et se dit prêt à décréter l'état d'urgence « si nécessaire » (CNA, Straits Times).
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Près de 2 400 arrestations samedi et 997 policiers, gendarmes et pompiers blessés ; au moins 3 000 commerces touchés selon Serge Papin (CNA, Straits Times).
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Macron a refusé la démission de Nuñez, remise dimanche, et reconnu des « défaillances d'anticipation et de renseignement » (CNA).
ANALYSE
Singapour, 19 octobre 2026. Le Straits Times et Channel News Asia, qui reprennent largement les dépêches d'agences, suivent la journée de lundi 19 octobre en France sous l'angle d'un pouvoir mis à l'épreuve. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, après une réunion de crise avec les ministres, a demandé aux autorités régionales d'imposer des couvre-feux « partiels » et « localisés » pour protéger les commerces, dès lundi soir. « Je suis absolument déterminé à rétablir l'ordre public », a-t-il déclaré, ajoutant que l'état d'urgence pourrait être décrété « si nécessaire ». CNA précise sa préférence : les couvre-feux lui semblent « mieux adaptés à la situation ». Il a aussi assuré que le désordre était « très concentré dans les centres urbains ».
Le bilan chiffré est détaillé : près de 2 400 personnes arrêtées samedi et 997 policiers, gendarmes et pompiers blessés, selon les chiffres cités ; au moins 3 000 commerces touchés d'après le ministre du Commerce Serge Papin, avec un « fonds de soutien dédié ». Le Straits Times note que les forces de l'ordre « semblaient perdre le contrôle de la rue ». Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a reconnu que la police avait « perdu le contrôle » ; l'Élysée indique que sa démission, remise dimanche, a été refusée au nom de la continuité de la chaîne de commandement, Emmanuel Macron évoquant des « défaillances d'anticipation et de renseignement ».
L'analyse la plus développée porte sur le président. Le Straits Times, citant une dépêche, décrit un chef de l'État « lame duck » dont les marges budgétaires sont minces, contrairement à 2018-2019 où il avait lâché des milliards d'euros. L'ex-député de la majorité Loïc Kervran parle d'une « lente agonie » et d'une dissolution de 2024 jugée désastreuse. Une analyse distincte projette la crise sur 2027, avec un possible bénéfice pour Marine Le Pen et un espace pour Raphaël Glucksmann.
Le volet extérieur est traité en détail : plusieurs gouvernements européens, dont l'Italie, l'Allemagne, la République tchèque et les pays nordiques, ont durci leurs avis aux voyageurs. Le journal observe aussi la contagion possible, avec des heurts à Milan et en Belgique et des tensions en Espagne et au Portugal. Des faits de proximité complètent le tableau : le magasin officiel de l'Olympique de Marseille pillé, un rassemblement interdit à Marseille de midi à 20 h, le Louvre bloqué par des manifestants. Les « gilets jaunes » appellent à une nouvelle journée le 24 octobre.
SOURCES (2)
- Straits TimesMOYEN
