ANGLE DOMINANT
Paris tranche sur le terrain de l'ordre : face aux pillages, l'exécutif réplique par des couvre-feux localisés, garde l'état d'urgence en réserve et refuse la démission de Laurent Nuñez.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Sébastien Lecornu a demandé aux préfets des couvre-feux « partiels » et « localisés » dès lundi soir, sans exclure l'état d'urgence « si c'est utile » (Sud Ouest, RFI).
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Près de 2 400 personnes ont été arrêtées samedi 17 octobre et presque 1 000 policiers et gendarmes blessés, selon le ministère de l'Intérieur cité par France 24.
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Laurent Nuñez a reconnu « une perte de contrôle » de la police dans certaines villes ; sa démission a été refusée par Emmanuel Macron (L'Express, RFI).
ANALYSE
Paris, 19 octobre 2026. Après une cellule interministérielle de crise, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé lundi avoir demandé aux préfets de « déclencher un certain nombre de couvre-feux » le soir même, « partiels » et « très localisés », afin de protéger les personnes et surtout les commerces. Sud Ouest précise qu'il n'a pas exclu l'état d'urgence « si c'est utile », mais juge les couvre-feux « davantage adaptés ». Une carte devait être communiquée après discussion avec les maires et les chambres de commerce.
Le bilan du week-end structure les récits. France 24 évoque près de 2 400 personnes arrêtées samedi 17 octobre, presque 1 000 policiers et gendarmes blessés selon le ministère de l'Intérieur, des mairies incendiées et des centaines de commerces pillés ou endommagés. Le ministre du Commerce, Serge Papin, chiffre les magasins touchés à « sans doute 3 000 au moins ». Dimanche 18 octobre, place de la République, à Paris, puis autour des Halles et du BHV, de nouveaux pillages ont eu lieu ; Lyon et Marseille ont connu des tentatives d'intrusion, selon 20 Minutes et France 24.
L'exécutif a répondu sur deux fronts. Lecornu annonce un « fonds de soutien spécifique » et du chômage partiel pour les commerçants. Dans son allocution de dimanche, Emmanuel Macron avait dénoncé des « factieux » d'ultragauche et des délinquants, dit ressentir « de la colère, de la honte », et promis de répondre aux « revendications légitimes » des lycéens et des étudiants. Laurent Nuñez a reconnu « une perte de contrôle » de la police dans certaines villes ; sa démission a été refusée par l'Élysée « compte tenu de la nécessité d'un commandement continu des forces de l'ordre », et il doit faire la transparence sur les défauts d'anticipation et de renseignement.
Les réactions politiques se placent déjà dans la perspective de la présidentielle. Jean-Luc Mélenchon demande à Lecornu de « nommer et prouver son accusation » contre l'ultragauche ; Marine Le Pen juge le gouvernement « épuisé, désorienté ». Au RN, Sébastien Chenu qualifie l'allocution de « désinvolture consternante », tandis que le syndicat Alliance Police se dit « consterné de l'absence de réponse » sur le couvre-feu.
RFI relève que le gouvernement n'a pas répondu aux revendications sur la vie chère, l'éducation et les services publics, et que la coordination des « gilets jaunes » appelle à une nouvelle journée de mobilisation le 24 octobre. L'Express note que l'Italie, la Belgique et d'autres pays européens connaissent aussi des heurts.
SOURCES (4)
- 20 MinutesMOYEN
- Sud OuestMOYEN
- L'ExpressMOYEN
