ANGLE DOMINANT
Bogotá décortique la crise française sous l'angle d'un pouvoir fragilisé : démission refusée, police débordée, marchés inquiets, à six mois de la présidentielle.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Lecornu a annoncé lundi des « couvre-feux partiels » sans état d'urgence, selon Portafolio.
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1 800 personnes interpellées dont 855 à Paris, et 1 500 commerces endommagés selon la Fédération du commerce, d'après El Colombiano.
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L'écart des obligations françaises à 10 ans avec l'Allemagne a atteint 146 points de base et le CAC 40 a perdu 1,5 %, selon La República.
ANALYSE
Bogotá, 19 octobre 2026. La presse colombienne traite les troubles français comme une crise de gouvernement et de finances autant que d'ordre public. Portafolio rapporte que le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé lundi des « couvre-feux » en plusieurs points du pays après une réunion de crise, en écartant l'état d'urgence au profit de « couvre-feux partiels ». Marseille a interdit les manifestations de 12 h à 20 h et Denain, près de la frontière belge, a décrété un couvre-feu nocturne.
El Colombiano décrit une journée de protestation contre la vie chère ayant réuni entre 550 000 et 800 000 personnes selon les autorités et la CGT, avant de dégénérer en pillages. Le journal retient 1 800 interpellations, dont un « record » de 855 à Paris, et 1 500 commerces endommagés selon la Fédération du commerce et de la distribution. L'hôtel de ville de Limoges, du XIXe siècle, a brûlé dans un incendie que le préfet attribue à « une horde sauvage ». La vice-maire de Paris Lamia El Aaraje évoque un niveau de violence jamais vu dans la ville.
La República CO met l'accent sur la démission du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, refusée par Emmanuel Macron, qui lui a demandé de mettre fin aux barricades et aux pillages et d'être transparent sur les failles du renseignement. Le quotidien note que 60 000 policiers étaient déployés samedi, un effectif que Nuñez reconnaît insuffisant, au moment où le gouvernement doit faire adopter un budget, à six mois de la présidentielle. Selon Portafolio, Macron a admis des « défaillances » dans la gestion policière et réclamé de « nouveaux modes opératoires ».
Le volet financier occupe aussi La República : les obligations françaises ont touché un plus bas de deux semaines, l'écart avec le Bund atteignant 146 points de base et le CAC 40 cédant 1,5 %. Louis-Vincent Gave, de Gavekal Research, juge que le président est « en fonctions, mais pas au pouvoir ». Les syndicats ont appelé à une grève nationale le 5 novembre.
Semana s'attarde sur la querelle entre Lecornu et Jean-Luc Mélenchon, qui dénonce une « crise de régime » et reproche au gouvernement d'avoir « joué avec le feu », tandis que le Premier ministre l'invite à désigner « ceux qui pillent et saccagent ». El Colombiano relève enfin les réactions de Donald Trump, qui lie immigration et troubles, et de la Commission européenne, qui demande à Paris de protéger le droit de manifester.
SOURCES (4)
- El ColombianoMOYEN
- La Republica COMOYEN
- PortafolioMOYEN
