ANGLE DOMINANT
Montevideo tranche sur une crise institutionnelle : la presse uruguayenne retient l'aveu de « perte de contrôle » du ministre de l'Intérieur et une démission refusée, plus que les couvre-feux eux-mêmes.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Laurent Nuñez a admis sur France Inter que les forces de sécurité avaient « perdu le contrôle » dans certaines grandes villes ; Macron a refusé sa démission.
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Les autorités attendaient 200 000 manifestants, 500 000 sont venus malgré 60 000 effectifs mobilisés.
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Environ 2 400 arrestations et des centaines de commerces pillés après la manifestation du samedi 17 octobre ; le Louvre a été bloqué par des étudiants lundi.
ANALYSE
Montevideo, 19 octobre 2026. Pour El Observador, le gouvernement français « traverse une profonde crise institutionnelle » après avoir reconnu « ouvertement l'échec » de la gestion des violences, pillages et affrontements du samedi 17 octobre à Paris et dans d'autres grandes villes. Le quotidien titre sur une France « colapsada y sin control » et propose une « radiographie » d'un week-end de violence extrême.
Le journal s'attarde sur l'aveu du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez. Lundi, sur France Inter, celui-ci a admis que les forces de sécurité avaient « perdu le contrôle » dans plusieurs grandes villes, en raison de graves défaillances de prévision et de renseignement. Le dispositif, jugé insuffisant et « asymétrique », reposait sur une affluence attendue de 200 000 personnes ; il y en a eu 500 000. Malgré 60 000 effectifs mobilisés, dont toutes les forces mobiles, gendarmes et policiers, les attaques contre des bâtiments publics et les pillages n'ont pu être contenus. Nuñez reconnaît qu'on a probablement sous-estimé le nombre de casseurs et de pillards, ainsi que la présence de militants d'extrême gauche. Emmanuel Macron a refusé sa démission pour privilégier la continuité du commandement.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu, présenté comme chef d'un gouvernement de centre droit, a annoncé après une réunion de crise : « J'ai demandé aux préfets de décréter plusieurs couvre-feux ce soir, des couvre-feux partiels », sans préciser les lieux concernés. El Observador relève ce flou.
Montevideo Portal, de son côté, traite l'épisode du Louvre. Lundi, l'accès au musée a été bloqué par des étudiants de l'École du Louvre, en soutien au mouvement étudiant et pour dénoncer « la répression policière ». Le musée n'a pu ouvrir à 9 heures comme prévu. Un tract affirmait : « Nous sommes fiers de vous annoncer que nous bloquons le plus grand musée du monde. » Des touristes en file d'attente ont insulté les manifestants, scène que le site compare à un cri de stade du football sud-américain.
Le site rappelle que les lycéens se mobilisent depuis des semaines pour de meilleures conditions d'éducation, et que la manifestation de samedi a débouché sur des troubles « sans précédent » selon les autorités : environ 2 400 arrestations, des centaines de commerces pillés et de graves dégâts sur des édifices publics.
La couverture uruguayenne, issue de deux médias, privilégie ainsi la défaillance de l'État et la scène de rue plutôt que le débat sur la vie chère ou l'éventuel état d'urgence.
