ANGLE DOMINANT
Stockholm interroge la maîtrise de l'exécutif français : Svenska Dagbladet titre sur un Macron « maktlös » (impuissant), la police ayant perdu le contrôle et son ministre ayant proposé de partir.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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La police attendait environ 200 000 manifestants samedi, entre 500 000 et 800 000 sont venus (Svenska Dagbladet).
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Laurent Nuñez a proposé de démissionner dimanche ; Emmanuel Macron a refusé en invoquant le besoin d'une direction stable de la police (Svenska Dagbladet).
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Près de 2 400 personnes ont été interpellées et environ 1 000 policiers blessés, selon l'AFP citée par Aftonbladet.
ANALYSE
Stockholm, 19 octobre 2026. Pour la presse suédoise, l'épisode est d'abord celui d'un pouvoir pris de court. Svenska Dagbladet intitule son article « Maktlös Macron » et rappelle les mots du président dimanche soir à la télévision : « Ce soir, nous ressentons tous colère et honte ». Emmanuel Macron y a promis que les responsables rendraient des comptes et a désigné des groupes de l'extrême gauche, rejoints selon lui par des criminels qui ont profité des manifestations pour casser et piller.
Le quotidien insiste sur l'écart d'anticipation : la police tablait sur environ 200 000 manifestants, entre 500 000 et 800 000 sont descendus dans la rue samedi, et l'ordre public a perdu le contrôle par endroits. Lundi, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a admis que les autorités avaient sous-estimé l'ampleur du mouvement. Il avait proposé de démissionner dès dimanche, mais Macron a refusé en invoquant le besoin d'une direction stable de la police. Svenska Dagbladet relaie aussi les doutes sur les méthodes : selon Libération, du gaz lacrymogène a été employé près de deux heures avant le début officiel de la manifestation à Paris, et le chercheur Sébastian Roché estime que l'action policière a contribué à disperser les cortèges et à faciliter les dégâts. Le syndicat de police défend l'intervention, et le ministre de la Justice Gérald Darmanin vise les services de renseignement. Le titre mentionne les couvre-feux et les réunions de crise du gouvernement lundi.
Aftonbladet insiste sur le discours de sept minutes de Macron, qui a défendu le travail professionnel des forces de l'ordre tout en reconnaissant que la critique des interventions appelait de la transparence. Le journal compte près de 2 400 interpellations et environ 1 000 policiers blessés (AFP), et oppose les dorures du bureau présidentiel à la colère contre la dégradation des conditions de vie, qui a mobilisé au moins un demi-million de personnes pacifiquement.
Sveriges Radio donne la parole à la rue et aux élus : devant le Louvre, deux étudiantes, Elena et Juliette, empêchent les visiteurs d'entrer, tandis que des maires de grandes villes jugent la force policière excessive, la police répondant qu'elle manquait d'ordres clairs. La radio publique ajoute un volet économique : propriétaires et petites entreprises supportent les destructions, les taux des obligations d'État, déjà historiquement hauts, montent, et l'économiste en chef de SEB, Jens Magnusson, prévient que d'autres taux suivront. Le risque d'une grève générale pèse sur les marchés.
