ANGLE DOMINANT
Lima retient d'abord le volet sécuritaire de la crise française : couvre-feux partiels, milliers d'arrestations et pillages, relayés par des dépêches d'agence.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Darmanin a fait état de « 2.331 personnes détenues » durant le week-end, dont environ 350 à Paris entre dimanche et lundi.
- 02
Le Premier ministre a demandé aux préfets de décréter des couvre-feux partiels ; Marseille a interdit les manifestations de 12 h à 20 h lundi.
- 03
Des étudiants ont bloqué l'accès au Louvre lundi, empêchant l'ouverture à 9 h.
ANALYSE
Lima, 19 octobre 2026. La presse péruvienne traite la crise française par le prisme de l'ordre public. Andina rapporte qu'environ 350 personnes ont été arrêtées entre dimanche et la nuit de lundi à Paris, où une trentaine de commerces ont été pillés, selon le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, et le maire Emmanuel Grégoire. Au niveau national, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a fait état de « 2.331 personnes détenues » durant le week-end, avec des dizaines de placements en détention provisoire.
Le chef du gouvernement, qualifié de centre droit, a déclaré : « J'ai demandé aux préfets de décréter plusieurs couvre-feux ce soir, des couvre-feux partiels », sans préciser les lieux ; la liste devait être connue dans l'après-midi, après échange avec les maires. À Marseille, les manifestations étaient interdites lundi entre 12 h et 20 h, et Denain, près de la frontière belge, a décrété un couvre-feu nocturne jusqu'à dimanche. Andina souligne que le gouvernement est sous pression, les violences ayant éclipsé samedi les manifestations massives contre le renchérissement de la vie.
Gestión retient le discours télévisé d'Emmanuel Macron : « rien » ne justifie ni n'« excuse » la violence, et il ne faut pas « confondre » les casseurs avec les centaines de milliers de manifestants pacifiques. Le président a promis des « aides rapides » aux commerçants, mis en cause des « factieux de groupuscules d'extrême gauche » rejoints par de nombreux délinquants, et demandé que les lycéens mobilisés depuis fin septembre soient entendus. Le quotidien signale le déploiement de l'unité CRS 8 place de la République, où des centaines de personnes affrontaient les forces de l'ordre, et renvoie à une dépêche sur les propos de Donald Trump.
RPP couvre l'aspect symbolique : lundi, l'accès au Louvre a été bloqué par des étudiants de l'École du Louvre et d'autres collectifs, soutenus par des syndicats, qui dénoncent coupes budgétaires et répression policière. Le musée n'a pu ouvrir à 9 h ; sa direction précise que la mobilisation ne le vise pas directement. Des dizaines de touristes attendaient place de la Pyramide. Macron a reconnu lundi des « défaillances » dans la gestion policière et réclamé de « nouveaux modes opératoires » pour « mettre fin aux phénomènes de barricades et de pillages ».
