ANGLE DOMINANT
Bagdad dénonce un décalage flagrant entre l'annonce d'une percée diplomatique par Washington et la poursuite des frappes israéliennes sur Gaza, entrepôts médicaux détruits et neuf morts en un jour.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Neuf Palestiniens tués dimanche par des frappes israéliennes, un second jour consécutif de raids malgré l'annonce d'un accord par Donald Trump
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Le ministre israélien de l'Énergie Eli Cohen affirme qu'il n'existe aucun accord pour cesser les attaques et qu'Israël, contrôlant déjà 70% de Gaza, devrait en prendre le contrôle total
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Destruction samedi de deux entrepôts médicaux de l'hôpital Al-Aqsa Martyrs à Deir al-Balah, où étaient stockés des médicaments essentiels, sans preuve fournie par l'armée israélienne
ANALYSE
Bagdad, 4 août 2026. Pour la diplomatie irakienne, l'annonce d'une « percée » par Donald Trump dans la mise en œuvre de l'accord de cessez-le-feu de Gaza sonne creux face à la réalité sur le terrain : pour un second jour consécutif, les frappes israéliennes se sont poursuivies dimanche, tuant au moins neuf Palestiniens, selon les autorités sanitaires de Gaza. Un homme et son épouse ont péri dans un raid sur un appartement à Deir al-Balah, quatre autres personnes ont été blessées ; deux personnes, dont un enfant, sont mortes à Gaza-Ville ; un père, une mère et leur fils de neuf ans ont été tués à l'aube dans la zone de Mawasi, à Khan Younis. Une neuvième victime est tombée près de Jabalia.
À Bagdad, on retient surtout la déclaration du ministre israélien de l'Énergie Eli Cohen, membre du cabinet de sécurité de Benjamin Netanyahu : il n'existe, selon lui, aucun accord pour cesser les attaques, et Israël, qui contrôle déjà 70% de l'enclave, devrait selon lui en prendre le contrôle total. Cette déclaration contredit frontalement l'annonce faite jeudi par Trump d'un accord de désarmement du Hamas censé ouvrir la voie à un retrait. Pour les autorités irakiennes, ce décalage confirme un scepticisme ancien envers les promesses de cessez-le-feu régulièrement démenties par les faits.
Autre motif d'inquiétude relayé par la presse suivie à Bagdad : la destruction, samedi, de deux entrepôts médicaux de l'hôpital Al-Aqsa Martyrs à Deir al-Balah, où étaient stockés des médicaments essentiels. L'armée israélienne affirme avoir visé une cache d'armes du Hamas près de l'établissement, sans fournir de preuve. Deux Palestiniens ont par ailleurs été tués à Sheikh Radwan, présentés par l'armée comme des combattants du Hamas, sans détails supplémentaires.
Bagdad rappelle qu'au moins 1 230 Palestiniens ont été tués par des frappes israéliennes depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu en octobre, un chiffre qui, pour la diplomatie irakienne, illustre l'écart persistant entre les annonces diplomatiques portées par Washington et la situation humanitaire sur le terrain, où les infrastructures civiles, hôpitaux et stocks médicaux compris, restent régulièrement visées. Cette asymétrie nourrit à Bagdad l'appel constant à un mécanisme de vérification international du cessez-le-feu, plutôt qu'à des annonces successives sans garanties concrètes de mise en œuvre.
SOURCES (2)
- The Arab WeeklyMOYEN
- Palestine – Al-monitorMOYEN
