ANGLE DOMINANT
Singapour mesure l'écart grandissant entre l'annonce d'une percée diplomatique à Washington et la réalité meurtrière sur le terrain à Gaza, où les frappes israéliennes se poursuivent malgré le soutien affiché du Board of Peace de Trump.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Les frappes israéliennes ont tué au moins 18 Palestiniens le 2 août, le bilan quotidien le plus lourd depuis des semaines selon Channel News Asia.
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Le ministre Eli Cohen affirme qu'Israël, qui contrôle déjà 70 % de Gaza, prendra le contrôle total de l'enclave si le Hamas ne se désarme pas.
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Le Board of Peace de Trump a assuré Netanyahu le 3 août que le retrait israélien n'interviendra qu'après le désarmement complet du Hamas.
ANALYSE
Singapour, 4 août 2026. La presse locale a suivi de près le décalage entre le triomphalisme de Washington et la situation sur le terrain à Gaza. Selon Channel News Asia, les frappes israéliennes ont tué au moins 18 Palestiniens dimanche, le bilan quotidien le plus lourd depuis des semaines, alors même que Donald Trump venait d'annoncer une « percée » dans la mise en œuvre de l'accord de cessez-le-feu conclu en octobre dernier.
Le ministre israélien de l'Énergie, Eli Cohen, membre du cabinet de sécurité de Benjamin Netanyahu, a confirmé sur Army Radio qu'aucun accord ne prévoyait l'arrêt des attaques sur Gaza. Il s'est dit « très sceptique » quant à un désarmement effectif du Hamas et a averti qu'Israël, qui contrôle déjà 70 % de l'enclave, prendrait le contrôle total du territoire si le mouvement islamiste ne déposait pas les armes. « Dans l'accord signé avec les États-Unis, notre position est que le Hamas doit être démantelé. C'est la première chose qui doit se produire », a-t-il ajouté.
D'après le Straits Times, le Board of Peace de Trump a tenté de rassurer Netanyahu le 3 août, promettant que tout retrait israélien au-delà de la « ligne jaune » n'interviendrait qu'une fois le désarmement complet du Hamas achevé, comme le mouvement l'avait promis aux médiateurs. Ce geste fait suite aux objections de deux membres du cabinet de sécurité israélien, qui avaient réclamé un vote pour annuler l'accord après la publication d'un texte du Board évoquant un retrait progressif. Même en cas de retrait, Israël conservera le contrôle d'une grande partie de Gaza sous l'accord d'octobre.
Sur le terrain, une habitante de Gaza, Aya Mohammad Zaki, a décrit une intensification des frappes « comme si la guerre avait repris », avec une attaque toutes les heures environ. Un couple et son enfant figurent parmi les victimes d'une frappe sur un appartement à Gaza City ; l'armée israélienne affirme avoir visé des combattants. Pour Singapour, cité-État dont la stabilité régionale repose sur le respect des cadres multilatéraux, cet écart entre discours diplomatique et réalité militaire illustre la fragilité persistante d'un cessez-le-feu annoncé à plusieurs reprises comme acquis.
