ANGLE DOMINANT
Londres scrute le décalage entre l'annonce d'un accord de désarmement et la poursuite des frappes israéliennes sur Gaza, un double langage qui inquiète autant qu'il interroge la solidité du plan Trump.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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18 Palestiniens tués dimanche dans des frappes israéliennes sur Gaza-Ville, Deir al-Balah et Khan Younes, après 13 morts la veille (BBC, The Independent)
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Le ministre israélien Eli Cohen déclare : « Dans l'accord que nous avons signé avec les États-Unis, notre position est que le Hamas doit être démantelé. C'est la première chose qui doit se produire »
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Depuis le cessez-le-feu d'octobre, au moins 1 230 Palestiniens ont été tués par des frappes israéliennes selon les autorités sanitaires de Gaza (The Independent)
ANALYSE
Londres, 4 août 2026. Deux nuits de frappes, deux bilans qui s'additionnent : 13 morts samedi, 18 dimanche. La presse britannique s'attarde sur ce paradoxe qui suit de quelques jours seulement l'annonce, par Donald Trump jeudi, d'un accord par lequel le Hamas aurait accepté de se désarmer au profit de son « Board of Peace ». Selon la Défense civile de Gaza citée par la BBC, les avions israéliens ont visé Gaza-Ville, Khan Younes et Deir al-Balah, tuant notamment un père, une mère et leur fils de neuf ans dans leur maison, ainsi qu'un couple sous les décombres de son immeuble.
Le ministère de l'Énergie israélien, par la voix d'Eli Cohen, membre du cabinet de sécurité de Benjamin Netanyahu, tranche sans détour : « Dans l'accord que nous avons signé avec les États-Unis, notre position est que le Hamas doit être démantelé. C'est la première chose qui doit se produire. » Il ajoute se montrer « très sceptique » sur la probabilité d'un désarmement effectif et n'exclut pas qu'Israël, qui contrôle déjà 70 % de l'enclave selon la BBC, doive en prendre le contrôle total. Un porte-parole de Netanyahu a par ailleurs confirmé à Reuters qu'Israël avait transmis ses réserves à Washington sur le volet désarmement du plan.
Côté militaire, l'armée israélienne assume cibler des « opérateurs » du Hamas : deux combattants tués dimanche, dont un commandant de l'unité d'élite Nukhba et un du bataillon de Maghazi, présentés comme « planifiant des attaques contre des cibles israéliennes ». The Independent rappelle que depuis le cessez-le-feu d'octobre, au moins 1 230 Palestiniens ont péri sous les frappes israéliennes selon les autorités sanitaires de Gaza — un chiffre qui, pour la presse britannique, relativise l'idée d'une trêve tenue. Le contraste entre l'optimisme affiché par Trump et le langage martial d'un ministre israélien alimente, à Londres, une lecture prudente : l'accord existe sur le papier, mais son application reste conditionnée à un désarmement qu'Israël juge lui-même hypothétique.
