ANGLE DOMINANT
Pretoria mesure la portée de ce rapport à l'aune de son propre engagement pour la responsabilisation internationale : le refus américain de reconnaître l'autorité du Conseil des droits de l'homme retient l'attention sud-africaine, au même titre que les crimes contre l'humanité relevés côté iranien.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Plus de 150 personnes ont été tuées dans la frappe américaine sur l'école primaire Shajareh Tayyebeh à Minab, selon les autorités iraniennes.
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La porte-parole de la Maison Blanche Anna Kelly a déclaré que le Conseil des droits de l'homme « n'a rien accompli pour les droits humains ».
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Le rapport doit être présenté au Conseil des droits de l'homme à Genève lundi, mettant Washington et Téhéran sous la loupe des États membres.
ANALYSE
Pretoria, 18 septembre 2026. La Mission internationale indépendante d'établissement des faits sur l'Iran, mandatée par les Nations unies, a conclu qu'il existe des « motifs raisonnables de croire » que les forces américaines ont commis des crimes de guerre lors de deux frappes de février en Iran, rapportent Daily Maverick et SABC News, qui reprennent les conclusions transmises au Conseil des droits de l'homme à Genève.
La première frappe visait l'école primaire Shajareh Tayyebeh, à Minab, dans le sud du pays : plus de 150 personnes y ont été tuées selon les autorités iraniennes. La seconde a touché un complexe sportif et un quartier résidentiel de Lamerd. Pour les enquêteurs onusiens, le fait que Washington n'ait pas mis à jour ses bases de ciblage concernant l'école, voisine d'une installation navale des Gardiens de la révolution, dépasse la simple négligence.
Le même rapport retient que les autorités iraniennes ont commis des crimes contre l'humanité dans la répression des manifestations antigouvernementales entamées fin décembre : tueries, détentions arbitraires massives et coupure prolongée d'internet. Ni Washington ni Téhéran ne sont épargnés.
La réaction américaine occupe une place centrale dans le traitement sud-africain du dossier. La porte-parole de la Maison Blanche, Anna Kelly, a jugé que le Conseil des droits de l'homme « n'a rien accompli pour les droits humains », affirmant que seul l'Iran avait commis des crimes de guerre dans ce conflit. Le Pentagone dit son enquête « en cours » et n'avoir « rien à annoncer pour le moment ». La mission de Genève rappelle qu'elle est un organe d'enquête, non judiciaire : ses constats pourront nourrir des poursuites devant des juridictions nationales ou la Cour pénale internationale.
Pour la presse sud-africaine, ce contraste entre le rejet américain des mécanismes onusiens et l'adhésion historique de Pretoria au multilatéralisme des droits humains donne au rapport une portée qui dépasse le conflit Iran-États-Unis : il interroge la solidité des instances que l'Afrique du Sud invoque régulièrement dans ses propres démarches, de la Cour pénale internationale à la Cour internationale de justice. Le rapport doit être présenté au Conseil des droits de l'homme lundi, où Washington et Téhéran seront de nouveau mis sous la loupe des États membres.
