ANGLE DOMINANT
Lisbonne retient surtout la qualification juridique du rapport onusien : crime de guerre pour la frappe américaine sur l'école de Minab, crime contre l'humanité pour la répression iranienne, sans s'attarder sur les suites concrètes à Genève.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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La mission de l'ONU a des « motivos razoáveis » de croire que les forces américaines ont commis un crime de guerre en frappant l'école primaire Shajareh Tayyebeh de Minab le 28 février, avec des missiles Tomahawk et une ogive au tungstène.
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Plus de 150 personnes ont été tuées à l'école de Minab selon les autorités iraniennes (SAPO Notícias).
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Le même rapport conclut que les autorités iraniennes ont commis des crimes contre l'humanité dans la répression des manifestations antigouvernementales débutées fin décembre (Observador, citant Reuters).
ANALYSE
Lisbonne, 18 septembre 2026. La presse portugaise reprend, jeudi, les conclusions du rapport de la Mission internationale indépendante d'établissement des faits sur l'Iran, mandatée par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU. Selon SAPO Notícias, la mission affirme avoir des « motivos razoáveis » (motifs raisonnables) de croire que les États-Unis ont commis des crimes de guerre lors de deux frappes militaires menées en février contre une école et un complexe sportif. Le document, qui doit être présenté lundi au Conseil des droits de l'homme à Genève, retient en particulier l'attaque du 28 février contre l'école primaire Shajareh Tayyebeh, à Minab : les forces américaines y ont, selon la commission, lancé des missiles Tomahawk contre un centre scolaire « claramente identificável », ainsi qu'un autre missile à ogive de tungstène. La mission qualifie cette frappe d'« indiscriminée ». SAPO rappelle qu'à Minab, plus de 150 personnes ont été tuées selon les autorités iraniennes. SAPO précise aussi que ces frappes du 28 février s'inscrivent dans une série d'attaques américaines et israéliennes contre l'Iran, et que le second cas visé par la mission, à Lamerd, touchait un complexe sportif et un quartier résidentiel.
L'Observador, dans son bulletin « A Guerra Traduzida », cite la Reuters pour resituer le rapport dans un cadre plus large : la mission a examiné à la fois la conduite militaire américaine et la réponse du gouvernement iranien aux troubles qui ont débuté fin décembre. Sur ce second volet, l'enquête onusienne conclut que les autorités iraniennes ont commis des crimes contre l'humanité dans la répression mortelle des manifestations antigouvernementales. Les deux médias notent que Washington avait, avant même la publication, affirmé que ses opérations militaires respectaient le droit des conflits armés, tandis que Téhéran continue de rejeter systématiquement les accusations de violations des droits humains.
Ni SAPO ni l'Observador ne détaillent les suites concrètes que le Conseil des droits de l'homme pourrait donner à ce rapport, ni les chiffres précis de la répression iranienne que le dossier onusien avance par ailleurs. Le traitement portugais reste centré sur la qualification juridique elle-même : crime de guerre pour l'attaque de l'école, crime contre l'humanité pour la répression, présentées comme les deux faces d'un même rapport soumis à Genève.
