ANGLE DOMINANT
Brasília retient d'abord la qualification juridique du rapport onusien : les Nations unies affirment avoir des « motifs raisonnables » de croire que les frappes américaines de Minab et Lamerd constituent des crimes de guerre, une conclusion que la presse brésilienne détaille frappe par frappe avant de rapporter les démentis croisés de Washington et de Téhéran.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
La frappe américaine au missile Tomahawk sur l'école primaire Shajareh Tayyebeh de Minab a tué plus de 150 personnes, dont près de 120 enfants, selon les bilans repris par Veja et le G1.
- 02
À Lamerd, une frappe au missile à fragmentation PrSM ayant dispersé des « nuages de tungstène » a touché un centre sportif et un quartier résidentiel, tuant ou blessant 22 civils, selon le G1.
- 03
Le rapport demande aux 47 pays membres du Conseil des droits de l'homme - dont l'Iran, Israël et les États-Unis ne font pas partie - de faire pression pour mettre fin à la guerre et poursuivre les responsables en justice, selon le Jornal de Brasília.
ANALYSE
Brasília, vendredi 18 septembre 2026. La presse brésilienne reprend en détail les conclusions de la Mission internationale indépendante d'établissement des faits sur l'Iran, mandatée par l'ONU, qui affirme jeudi avoir des « motifs raisonnables » de croire que les États-Unis ont commis des crimes de guerre lors de deux frappes menées le 28 février contre l'Iran. Le rapport, destiné au Conseil des droits de l'homme à Genève, cible d'abord le bombardement au missile Tomahawk de l'école primaire Shajareh Tayyebeh, à Minab, dans le sud iranien : selon les bilans repris par Veja et le G1, la frappe a tué plus de 150 personnes, dont près de 120 enfants. Les enquêteurs jugent l'école « clairement identifiable » comme cible civile et n'ont trouvé aucune preuve d'un usage militaire du site ; le rapport, cité par Veja, précise que Washington s'est appuyé sur un renseignement signalant la présence d'un haut commandant iranien sans le vérifier correctement avant de frapper « le bâtiment de l'école en sachant qu'il existait un risque substantiel » de toucher des civils.
La seconde frappe visée, à Lamerd, a touché un centre sportif et un quartier résidentiel voisins d'une école avec un missile à fragmentation PrSM ayant dispersé des « nuages de tungstène », tuant ou blessant 22 civils selon le G1. Le même rapport conclut que les autorités iraniennes ont commis des crimes contre l'humanité en réprimant, dans les 31 provinces du pays, les manifestations lancées fin décembre contre la hausse du coût de la vie, en recourant à des « lois répressives », à la « force létale » et à la peine de mort comme outil d'intimidation, selon le Jornal de Brasília.
Le Jornal de Brasília rapporte aussi que les enquêteurs demandent aux 47 pays membres du Conseil des droits de l'homme — dont l'Iran, Israël et les États-Unis ne font pas partie — de faire pression pour mettre fin à la guerre, de poursuivre les responsables en justice et d'accorder l'asile aux civils qui fuient le pays. Côté américain, le Pentagone a refusé de commenter un rapport « mené par une organisation externe », selon l'UOL, tandis que la porte-parole de la Maison Blanche, Anna Kelly, a répliqué que le Conseil « n'a rien fait pour les droits humains » et que l'Iran est la seule partie du conflit à avoir commis des crimes de guerre. La mission permanente iranienne à Genève n'a pas répondu aux sollicitations de l'agence Reuters, tandis que Téhéran continue de rejeter les accusations de violations systématiques.
SOURCES (4)
- G1 Globo MundoMOYEN
- Jornal de BrasíliaMOYEN
- UOL NotíciasMOYEN
- VejaMOYEN
