ANGLE DOMINANT
Berlin retient d'abord la qualification juridique que la mission d'enquête de l'ONU applique aux deux camps : crimes de guerre pour les frappes américaines sur l'école de Minab et Lamerd, crimes contre l'humanité pour la répression iranienne des manifestations.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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La mission de l'ONU juge que l'absence de mise à jour des bases de ciblage américaines sur l'école de Minab va au-delà de la simple négligence (Tagesschau, DW).
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Le bilan de la frappe sur l'école Shajareh Tayyebeh varie selon les sources citées : 157 morts pour des rapports indépendants, plus de 150 pour la mission dont environ 120 écoliers, 168 filles selon Téhéran.
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La mission dénonce des crimes contre l'humanité dans la répression iranienne : au moins 221 enfants tués et un bilan officiel de 3 038 morts jugé largement sous-évalué.
ANALYSE
Berlin, vendredi 18 septembre 2026. La chaîne publique Tagesschau et le service international DW ouvrent leurs éditions sur le rapport que la Mission internationale indépendante d'établissement des faits sur l'Iran, mandatée par le Conseil des droits de l'homme, doit présenter lundi à Genève. Les deux médias insistent sur le vocabulaire juridique retenu par les enquêteurs : des « motifs raisonnables » de croire que les forces américaines ont commis le crime de guerre d'attaques sans discrimination lors de deux frappes de février, contre l'école primaire Shajareh Tayyebeh de Minab et contre un complexe sportif de Lamerd.
Sur Minab, la presse allemande détaille la divergence des bilans : la mission cite des rapports indépendants faisant état de 157 morts, évoque ailleurs « plus de 150 » victimes dont environ 120 écoliers, tandis que Téhéran parle de 168 filles tuées. L'école, frappée par des missiles de croisière Tomahawk, se trouvait selon le rapport à proximité d'une base navale des Gardiens de la révolution. Les enquêteurs jugent que l'absence de mise à jour des bases de ciblage américaines « va au-delà de la simple négligence » : les États-Unis auraient dirigé la frappe contre le bâtiment scolaire tout en étant conscients du risque important de toucher un objet civil, l'acceptant avec insouciance. Tagesschau rappelle que Donald Trump avait affirmé en juin, sur la base d'une enquête militaire américaine, que personne n'avait délibérément visé une école de filles ; le rapport évoque au contraire des données obsolètes du renseignement militaire DIA.
À Lamerd, 22 civils ont été tués dans un quartier résidentiel et un complexe sportif ; les médias internationaux avaient rapporté l'usage d'une munition inédite dispersant des éclats de tungstène en l'air.
Le même rapport accable Téhéran : crimes contre l'humanité dans la répression des manifestations débutées fin décembre, tueries dans les 31 provinces, au moins 221 enfants tués, attaques contre des structures médicales. Le bilan officiel de 3 038 morts est jugé largement sous-évalué par la mission ; des diplomates occidentaux évoqués parlent de près de 20 000 victimes. Téhéran attribue les troubles à des « terroristes et insurgés » soutenus par Washington et Israël, et rejette les accusations. La mission appelle les 47 États membres du Conseil, dont aucun des trois pays impliqués ne fait partie, à œuvrer pour la fin de la guerre et à garantir l'asile aux Iraniens.
