ANGLE DOMINANT
Brasília mesure l'écart entre la formule de tribune lancée par Trump sur Ormuz et le droit international de la mer, que la presse brésilienne juge incompatible avec une appropriation unilatérale du détroit.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Trump, lors d'un meeting dans une académie de police de l'État de New York le 14 août : « Muito em breve declararei o Estreito de Ormuz território dos Estados Unidos. É verdade »
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Avant le conflit, environ 20% du pétrole et du gaz mondiaux transitaient par le détroit, dont la navigation est interrompue depuis les bombardements conjoints américano-israéliens du 28 février
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G1 Globo rappelle que la convention des Nations unies sur le droit de la mer garantit le passage international et que la Charte de l'ONU interdit la menace ou l'usage de la force contre l'intégrité territoriale d'un État
ANALYSE
Brasília, 14 août 2026. La presse brésilienne relaie sans détour la déclaration de Donald Trump : réuni vendredi dans une académie de police de l'État de New York, le président américain a promis que « très bientôt » il déclarerait le détroit d'Ormuz « territoire des États-Unis ». G1 Globo et Veja rapportent la citation presque mot pour mot : « Muito em breve declararei o Estreito de Ormuz território dos Estados Unidos. É verdade », a-t-il lancé, sans fournir ni détail ni calendrier.
Les deux titres replacent l'annonce dans une escalade déjà entamée. Dès mercredi, Trump affirmait sur les réseaux sociaux que Washington exerçait un « contrôle total » sur le passage, qualifiant son blocus naval de « mur d'acier » face à un Iran jugé incapable de riposter — sans argent, sans marine, sans force aérienne, avec une Garde révolutionnaire « décimée ». Veja rappelle que 20 % du pétrole et du gaz mondiaux transitaient par le détroit avant que les bombardements conjoints américano-israéliens du 28 février n'y interrompent la navigation, provoquant une flambée des prix des carburants ; les navires non autorisés par Téhéran subissent depuis des attaques intermittentes.
C'est toutefois G1 qui installe le désaccord juridique au cœur du récit : le détroit d'Ormuz est partagé entre les eaux souveraines de l'Iran et d'Oman, mais le droit international — via la convention des Nations unies sur le droit de la mer — garantit le passage des navires et aéronefs étrangers dans les détroits utilisés pour la navigation internationale. L'Iran a signé le texte sans le ratifier. G1 souligne qu'en droit international, les États-Unis ne peuvent pas s'approprier le détroit par simple déclaration, et que la Charte des Nations unies interdit la menace ou l'usage de la force contre l'intégrité territoriale d'un autre pays.
Téhéran, de son côté, réplique que le détroit demeure sous son autorité et que les menaces américaines ne l'intimident pas, ajoutant que la voie restera fermée tant que Washington n'acceptera pas ses conditions pour mettre fin à la guerre. En juxtaposant la formule de campagne de Trump et le rappel technique du droit maritime, la presse brésilienne dessine un fossé net entre l'ambition affichée à la tribune et sa faisabilité légale, sans relayer l'annonce comme un fait acquis.
