ANGLE DOMINANT
Séoul mesure la déclaration de Donald Trump à l'aune de sa dépendance au pétrole du Golfe, plus qu'à sa portée juridique contestable.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Trump : « pretty soon, je déclarerai le détroit d'Ormuz territoire des États-Unis », lors d'un meeting à Garden City, New York, le 14 août
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Un responsable de la Maison Blanche a ensuite indiqué au Wall Street Journal que Trump plaisantait
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Le vice-ministre iranien Kazem Gharibabadi a répondu sur X : le détroit « a été, est et restera iranien »
ANALYSE
Séoul, 16 août 2026. La presse sud-coréenne rapporte avec prudence l'annonce de Donald Trump promettant de déclarer « très bientôt » le détroit d'Ormuz territoire des États-Unis, une sortie faite vendredi lors d'un meeting politique dans une école de police de l'État de New York. « Après que nous aurons fini de vaincre l'Iran, très bientôt, je déclarerai le détroit d'Ormuz territoire des États-Unis », a-t-il lancé, ajoutant : « Nous avons le blocus. Aucun navire ne passe sauf si nous le voulons. » Yonhap, l'agence nationale, relaie la déclaration en la replaçant dans le contexte d'une guerre au Moyen-Orient qui maintient les prix de l'énergie à un niveau élevé — un point sensible pour une économie sud-coréenne qui importe l'essentiel de son brut par cette voie maritime.
Le Korea Times apporte une nuance de taille : un responsable anonyme de la Maison Blanche a ensuite précisé, selon le Wall Street Journal, que Trump plaisantait. Le quotidien rapporte aussi la réplique immédiate de Téhéran : le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Kazem Gharibabadi a affirmé sur X que « le détroit d'Ormuz a été, est et restera iranien » et qu'il « ne sera fermé et ouvert que sur ordre de l'Iran ». Le Korea Herald souligne pour sa part que l'Iran a établi un contrôle de facto sur une large partie du détroit depuis le déclenchement de la guerre le 28 février, forçant la marine américaine à maintenir en retour un blocus des ports iraniens dans un statu quo qui perdure.
Pour Séoul, l'enjeu dépasse la rhétorique électorale américaine : les attaques en mer se poursuivent, comme celle revendiquée samedi contre un navire lié à la compagnie pétrolière émiratie ADNOC. Sans avoir à trancher publiquement sur la légalité d'une revendication de souveraineté sur une voie d'eau internationale, la diplomatie et la presse économique sud-coréennes suivent avant tout les répercussions sur les cours du brut et la sécurité d'un approvisionnement énergétique dont dépend largement l'industrie du pays, plus que la portée juridique d'une annonce déjà relativisée par Washington lui-même.
