ANGLE DOMINANT
Moscou relaie la fin de non-recevoir iranienne face à la revendication américaine sur le détroit d'Ormuz, tout en soulignant l'écart entre le discours de Trump et les chiffres du trafic maritime.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Trump, le 14 août à l'académie de police du comté de Nassau : "assez bientôt je vais déclarer le détroit d'Ormuz territoire des États-Unis", évoquant un "blocus" empêchant tout navire de passer sans autorisation américaine
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TASS, citant le Wall Street Journal, relève que le trafic quotidien de navires dans le détroit était en juillet cinq fois inférieur à son niveau d'avant le conflit
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Le vice-ministre iranien Kazem Gharibabadi rejette la revendication : le détroit "ne peut être saisi ni par tweet, ni par porte-avions, ni par un ordre"
ANALYSE
Moscou, 15 août 2026. Les agences d'État russes TASS et Sputnik ont largement repris les propos tenus vendredi par Donald Trump, qui a promis de déclarer "très bientôt" le détroit d'Ormuz "territoire des États-Unis". Selon TASS, le président américain s'est exprimé à l'académie de police du comté de Nassau, près de New York : "Après que nous aurons fini de vaincre l'Iran, qui est en train d'être très largement vaincu — assez bientôt je vais déclarer le détroit d'Ormuz territoire des États-Unis." Il a ajouté disposer d'un "blocus" : "aucun navire ne passe à moins que nous le voulions."
TASS rappelle que Trump avait déjà affirmé mercredi que Washington contrôlait entièrement le détroit et continuerait de le faire à l'avenir. L'agence relève toutefois, en citant le Wall Street Journal, que le nombre de navires franchissant quotidiennement Ormuz en juillet était cinq fois inférieur à son niveau d'avant le conflit — un écart chiffré que TASS met explicitement en regard du discours présidentiel sur le contrôle américain de la voie maritime, sans le commenter davantage.
Sputnik consacre un second article à la réplique iranienne. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères pour les Affaires juridiques et internationales, Kazem Gharibabadi, a rejeté la revendication américaine, affirmant que le détroit "ne peut être saisi ni par tweet, ni par porte-avions, ni par un ordre, ni par un discours électoral." Selon lui, Washington doit "accepter la réalité", et Téhéran continuera d'"appliquer le blocus" tant que les États-Unis "refuseront d'admettre leurs défaites stratégiques et continueront de fantasmer", selon la formule reprise par l'agence.
Les deux agences classent ces développements sous des étiquettes récurrentes de leur couverture du dossier iranien, telles que "guerre américano-israélienne contre l'Iran", "hégémonie américaine", "hypocrisie américaine" ou encore "agression" — des catégories qui accompagnent systématiquement les articles consacrés à Trump et à l'Iran sur ces deux plateformes. Aucun des articles fournis ne mentionne de réaction officielle du Kremlin sur le fond juridique de la revendication américaine : la couverture russe privilégie ici la confrontation verbale entre Washington et Téhéran, restituée par citations directes, plutôt qu'une prise de position formelle de la diplomatie russe elle-même.
