ANGLE DOMINANT
Pékin pèse la portée réelle des pourparlers Iran-États-Unis, entre chute du pétrole, doute sur l'existence même de négociations directes et vigilance sur la stabilité du détroit d'Ormuz.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le baril de WTI a chuté de 4,7 % à 80,72 dollars lundi matin en Asie après l'annonce de la reprise des négociations.
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Le porte-parole iranien Esmaeil Baghaei a démenti toute négociation en cours avec les États-Unis : « Nous n'avons actuellement pas de négociations avec l'Amérique. »
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L'économiste Mao Zhenhua (Université Renmin / Business School de l'université de Hong Kong) juge l'impact de la guerre sur la Chine encore « faible » mais susceptible de forcer un ajustement des plans macroéconomiques de Pékin.
ANALYSE
Pékin, 4 août 2026. Donald Trump affirme que l'Iran a sa « dernière chance » de conclure un accord et que des négociations sont « en cours en ce moment même », alors que Téhéran continue de démentir toute discussion directe avec Washington. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a répété : « Nous n'avons actuellement pas de négociations avec l'Amérique. » Trump assure que les pourparlers reprendront lundi après-midi, à la demande de l'Iran « soutenue par l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar », qui auraient poussé Washington à suspendre des frappes prévues en pensant qu'un accord était proche. Il évoque un premier volet sur le détroit d'Ormuz, puis un second sur la « dénucléarisation » de l'Iran, sans fixer d'échéance.
Pour Pékin, l'enjeu immédiat reste économique. Les prix du pétrole ont chuté lundi matin en Asie après l'annonce de ces nouvelles négociations, le baril de WTI reculant de 4,7 % à 80,72 dollars — signal lu par les marchés comme un possible apaisement sur une voie maritime cruciale pour les importations pétrolières chinoises. Téhéran affirme être proche de finaliser avec Oman un accord sur une nouvelle route à travers le détroit ; le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a indiqué dimanche que ces discussions progressaient. La prudence reste de mise : un pétrolier a signalé une explosion à proximité du détroit dimanche, rappelant la volatilité persistante de la zone.
Sur le fond, l'économiste Mao Zhenhua, de l'université Renmin et de la Business School de l'université de Hong Kong, juge l'impact du conflit sur la Chine encore « faible » comparé aux autres grandes économies, mais estime qu'une guerre prolongée pourrait forcer Pékin à ajuster ses plans macroéconomiques. Selon lui, les autorités ne prennent pas ce conflit à la légère et donneront la priorité, pour le reste de l'année, à la gestion des turbulences externes, alors que la croissance chinoise a déjà ralenti au deuxième trimestre. Cette contradiction entre Washington et Téhéran illustre, cinq mois après le début du conflit, l'incertitude persistante autour d'une route maritime dont la Chine reste tributaire pour ses approvisionnements énergétiques.
