ANGLE DOMINANT
Madrid mesure l'écart entre l'annonce de Trump et le démenti de Téhéran, tout en scrutant la course aux oléoducs qui doit affranchir le Golfe du détroit d'Ormuz.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Trump affirme avoir annulé une « attaque massive », qualifiée de « la plus importante depuis la Seconde Guerre mondiale », à la demande de l'Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et du Qatar (ElDiario.es).
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Téhéran dément toute négociation en cours avec Washington ; le porte-parole Ismail Bagaei affirme ne dialoguer qu'avec Oman sur la question d'Ormuz (ElDiario.es).
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Le Petroline saoudien fonctionne à 95% de sa capacité (7 millions de barils/jour) tandis que les pays du Golfe investissent des milliards pour contourner le détroit d'Ormuz, fermé depuis le 28 février (Expansión).
ANALYSE
Madrid, 4 août 2026. La presse espagnole dissèque ce lundi les déclarations contradictoires venues de Washington et de Téhéran sur la reprise des négociations autour du détroit d'Ormuz. Selon ElDiario.es, Donald Trump a assuré, à bord de l'avion présidentiel en route vers Le Caire, que le dialogue avec l'Iran reprendrait « ce lundi » et qu'il avait annulé une « attaque massive » imminente, qualifiée par lui de « la plus importante depuis la Seconde Guerre mondiale », pour laisser une chance à un accord. Le président américain affirme que l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar lui ont demandé d'« annuler » cette frappe, convaincus qu'un accord sur le détroit est possible. Il évoque même une future « dénucléarisation de l'Iran ». Mais Téhéran dément aussitôt : le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ismail Bagaei, affirme en conférence de presse qu'aucune négociation n'est en cours avec Washington, les questions liées aux États-Unis devant être tranchées « en fonction des événements futurs ». Selon lui, seul un dialogue technique avec Oman existe sur la question d'Ormuz. El País, dans son édition anglaise, relève que cette annonce s'inscrit dans une série de volte-face de Trump, qui alterne depuis des semaines langage conciliant et menaces militaires après les attaques iraniennes contre des bases américaines. Le quotidien rappelle que le président pose l'ouverture totale et immédiate du détroit comme condition sine qua non d'un accord, exigence que Téhéran refuse, sachant qu'elle constitue son principal levier de négociation. Le média souligne aussi qu'un officier militaire américain a, selon CNN, demandé par courriel aux troupes de nouvelles pistes « créatives » pour faire pression sur l'Iran, signe que l'option militaire reste sur la table malgré les annonces de désescalade. En parallèle, Expansión détaille les conséquences économiques du blocage d'Ormuz, fermé depuis le 28 février : les pays du Golfe planifient des milliards de dollars d'investissement dans des oléoducs pour contourner le détroit, à l'image du Petroline saoudien, qui relie déjà le Golfe à la mer Rouge et fonctionne à 95% de sa capacité, soit 7 millions de barils par jour. Le quotidien économique note que ces infrastructures, plus coûteuses que le transport maritime, traduisent une volonté durable de réduire la dépendance à ce goulot stratégique.
