ANGLE DOMINANT
Islamabad mesure le fossé entre les annonces de Donald Trump et les démentis de Téhéran, alors que la diplomatie iranienne garde un canal ouvert avec le chef d'état-major pakistanais.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Trump : les pourparlers sont la « dernière chance » pour l'Iran, avec réouverture possible du détroit d'Ormuz « dès demain » puis discussion sur la dénucléarisation.
- 02
Le porte-parole iranien Esmail Baghaei dément toute négociation avec Washington, ne reconnaissant que des échanges avec Oman sur la gestion du détroit ; Araghchi est en pèlerinage en Irak.
- 03
Le ministre iranien Abbas Araghchi s'est entretenu par téléphone avec le chef d'état-major pakistanais, le général Asim Munir, pendant qu'un cargo était touché par un projectile non identifié près d'Oman (UKMTO).
ANALYSE
Islamabad, 4 août 2026. Pour la presse pakistanaise, l'épisode illustre le décalage persistant entre les annonces de Donald Trump et la version que livre Téhéran. Le président américain a affirmé lundi que les pourparlers en cours constituaient la « dernière chance » pour l'Iran de « signer un bon document », ajoutant vouloir « donner toutes les dernières chances avant la décapitation ». Il a soutenu que ces discussions, réclamées selon lui par l'Iran, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar, pourraient permettre une réouverture complète du détroit d'Ormuz « dès demain », avant d'aborder la « dénucléarisation » de l'Iran.
Quelques heures plus tôt, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, avait pourtant démenti toute négociation imminente avec Washington. Selon lui, aucune réunion n'est prévue, l'Iran ne compte ni accueillir de délégation étrangère ni envoyer de négociateurs à l'étranger, et l'ensemble des responsables iraniens se trouve dans le pays — à l'exception du ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, en pèlerinage religieux en Irak. Seuls des échanges avec Oman, portant sur la gestion du détroit d'Ormuz, seraient en cours, a-t-il précisé.
Ce télescopage de versions s'accompagne d'un regain de tension maritime : l'agence britannique de sécurité maritime UKMTO a signalé qu'un cargo avait été touché par un « projectile non identifié » au large d'Oman, sans précision sur les dégâts. Les titres pakistanais notent surtout que la diplomatie iranienne ne se limite pas à Washington et au Golfe : Abbas Araghchi s'est entretenu par téléphone avec le chef d'état-major pakistanais, le général Asim Munir, ainsi qu'avec le ministre saoudien des Affaires étrangères, pour évoquer les efforts diplomatiques en cours — signe que le Pakistan reste un interlocuteur pour Téhéran.
Trump a par ailleurs affirmé garder le « plein contrôle » du détroit, assurant que « rien ne passe vers l'Iran » sauf accord ou « reddition totale », alors que le trafic maritime y demeure très inférieur à son niveau d'avant-guerre. Les cours du pétrole avaient reculé de plus de 4 % lundi après l'annonce initiale de pourparlers, avant que les nouveaux démentis iraniens ne relancent l'incertitude sur les marchés, cinq mois après le déclenchement du conflit.
SOURCES (6)
- The Express TribuneMOYEN
- The Nation PakistanMOYEN
- ARY NewsMOYEN
- Daily TimesMOYEN
