ANGLE DOMINANT
Séoul scrute la volte-face de Washington sur l'Iran avec un intérêt direct : la réouverture annoncée du détroit d'Ormuz conditionne l'approvisionnement énergétique de la quatrième économie importatrice de brut d'Asie.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Trump affirme que les discussions portent sur une réouverture « complète » du détroit d'Ormuz « littéralement dès demain », présentée comme « première phase » avant une « deuxième phase » sur le nucléaire iranien.
- 02
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, dément toute négociation en cours ou réunion prévue avec Washington.
- 03
Les prix du pétrole ont chuté d'environ 5% lundi, le Brent tombant à 83,74 dollars et le WTI à 79,75 dollars, au plus bas depuis trois semaines.
ANALYSE
Séoul, 4 août 2026. À Séoul, la contradiction entre Washington et Téhéran sur l'existence de négociations est suivie avec une attention particulière : le détroit d'Ormuz, dont Donald Trump affirme discuter la réouverture « littéralement dès demain », reste une artère vitale pour l'approvisionnement énergétique de la Corée du Sud et des grandes économies asiatiques.
Le président américain a assuré lundi, lors d'un point presse à la Maison Blanche, que des pourparlers avec l'Iran étaient « en cours », qualifiant ce nouveau round de « dernière chance » pour la République islamique de « signer un bon document ». Il a décrit une ouverture « complète » du détroit comme une « première phase », suivie d'une « deuxième phase » consacrée au programme nucléaire iranien, insistant sur la nécessité d'une « dénucléarisation » de l'Iran. Trump a aussi averti qu'il n'autoriserait pas Téhéran à imposer des frais aux navires transitant par le détroit.
Mais Téhéran dément catégoriquement. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a affirmé lundi qu'« aucune négociation » n'était en cours avec Washington et qu'aucune réunion n'était prévue, contredisant frontalement les déclarations présidentielles. Trump, de son côté, a qualifié la direction iranienne de « duplice » pour avoir nié la tenue de discussions « alors qu'ils ont passé des heures et des heures à parler ensemble ».
Cette annonce s'inscrit dans un schéma déjà observé à plusieurs reprises ces cinq derniers mois : Trump évoque des frappes « massives » imminentes contre l'Iran avant de les annuler au dernier moment. Interrogé sur ces reports répétés, il a répondu vouloir « donner toutes les dernières chances avant la décapitation ».
Conséquence immédiate pour les marchés que suit de près l'économie sud-coréenne, très dépendante des importations pétrolières du Golfe : le baril de Brent a chuté de 4,19 dollars (-4,8%) à 83,74 dollars, et le WTI de 4,92 dollars (-5,8%) à 79,75 dollars, au plus bas depuis trois semaines. Pour Séoul, quatrième importateur mondial de brut et fortement tributaire du couloir maritime du Golfe, toute normalisation durable reste conditionnée à la confirmation, ou non, de pourparlers dont l'existence même est contestée par les deux camps.
