ANGLE DOMINANT
Ottawa mesure l'onde de choc d'une menace lancée par son plus proche allié contre Oman, l'un des rares interlocuteurs encore acceptés par Téhéran dans la crise du détroit d'Ormuz.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Trump à Fox News : « Si Oman se met en travers du chemin, on va les bombarder à mort », menace déjà formulée en mai selon le Toronto Sun et le National Post
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Le protocole d'accord américano-iranien signé en juin a expiré lundi sans règlement conclu ; les deux camps s'accusent mutuellement de l'avoir violé (National Post)
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Un responsable iranien annonce le passage à une posture « pleinement offensive » et Téhéran dit finaliser avec Oman une déclaration conjointe sur la gestion du détroit d'Ormuz, par lequel transitait un cinquième du pétrole et du gaz mondial (Globe and Mail)
ANALYSE
Ottawa, 18 août 2026. La presse canadienne rapporte sans détour la menace lancée par Donald Trump contre Oman, sultanat allié de Washington, au moment même où expire l'accord censé mettre fin à la guerre entre les États-Unis et l'Iran. Dans un entretien téléphonique avec le correspondant de Fox News Trey Yingst, le président américain a averti : « Si Oman se met en travers du chemin, on va les bombarder à mort », visant les pourparlers parallèles que Mascate mène avec Téhéran sur la gestion du détroit d'Ormuz — des discussions dont Washington est exclu. Le Toronto Sun note que Trump avait déjà tenu des propos similaires en mai, signe d'une pression récurrente sur le sultanat plutôt que d'un dérapage isolé.
Le National Post situe la menace dans un moment charnière : le protocole d'accord signé en juin, censé arrêter les hostilités pendant 60 jours le temps de négocier un règlement durable, a expiré lundi sans qu'aucun accord concret n'ait été trouvé. Les deux camps s'accusent mutuellement de l'avoir violé. Trump lui-même a confirmé n'avoir « aucune échéance » et être « en aucune hâte » de conclure, tout en exigeant que Téhéran « lève le drapeau blanc de la reddition ».
Le Globe and Mail, qui consacre le traitement le plus étoffé au dossier, cite un responsable iranien annonçant un basculement vers une posture « pleinement offensive », les pourparlers de paix étant dans l'impasse. Téhéran affirme travailler à finaliser avec Oman une déclaration conjointe sur la gestion du trafic maritime dans le détroit — par lequel transitait, avant la guerre, un cinquième du pétrole et du gaz échangés dans le monde. Le quotidien torontois souligne que ni Washington ni Téhéran n'ont bougé sur la réouverture du détroit ni sur le dossier nucléaire, chacun espérant que l'autre cédera le premier.
Pour la presse canadienne, l'épisode confirme surtout l'absence de marge de manœuvre de Washington : reculer reviendrait à admettre l'échec d'une guerre engagée aux côtés d'Israël fin février ; escalader épuiserait les stocks américains d'intercepteurs et ferait grimper les prix de l'essence à l'approche des élections de mi-mandat.
