ANGLE DOMINANT
Doha mesure les répercussions d'une menace qui vise le corridor diplomatique qu'elle a contribué à bâtir, alors que ses propres médiateurs continuent de dialoguer avec Téhéran.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le mémorandum d'entente du 17 juin, cadre expiré lundi, avait été « négocié avec une médiation pakistanaise et un soutien qatari » (Doha News).
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Les médiateurs qatari et pakistanais ont continué d'échanger des messages avec l'Iran après l'expiration du texte, selon Al Jazeera.
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Le Qatar a dû démentir une accusation iranienne selon laquelle il détiendrait des pilotes de bombardiers iraniens (Al Jazeera).
ANALYSE
Doha, 18 août 2026. La menace formulée par Donald Trump de bombarder Oman « s'il se met en travers » du contrôle américain sur le détroit d'Ormuz atteint directement l'architecture diplomatique que le Qatar a contribué à construire. Le mémorandum d'entente signé le 17 juin entre Washington et Téhéran — qui prévoyait la « cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts » et ouvrait une fenêtre de 60 jours pour négocier le nucléaire iranien, les sanctions et le statut du détroit — avait été « négocié avec une médiation pakistanaise et un soutien qatari », rapporte Doha News. Ce texte a expiré lundi sans accord final, Téhéran contestant toutefois qu'il ait imposé une échéance formelle.
Selon Al Jazeera, les médiateurs qatari et pakistanais ont continué d'échanger des messages avec l'Iran après l'expiration du mémorandum. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a indiqué sur Telegram que Téhéran travaillait à un accord distinct avec Oman sur de nouvelles routes maritimes dans le détroit, mais que cela ne serait possible « qu'à condition qu'une solution politique soit trouvée ». C'est précisément cette médiation omanaise que la menace de Trump vise à court-circuiter : selon Reuters, cité par Doha News et Gulf Times, Washington a averti Mascate de bombardements si le sultanat entravait le contrôle américain du trafic maritime, alors même qu'Oman et l'Iran étaient, selon le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Esmaeil Baghaei, proches de finaliser un accord sur la « carte des routes de transit ».
Le sultanat n'est pas seul visé par l'assertivité affichée de Washington dans le Golfe : Trump a aussi annoncé vouloir faire du détroit d'Ormuz un « territoire » américain, déclaration que Téhéran a qualifiée d'« absurdités », selon Al Jazeera. L'Iran a par ailleurs annoncé un basculement vers une posture « pleinement offensive » si la voie diplomatique échouait, tandis que Trump a répondu que l'Iran devait « lever le drapeau blanc de la reddition ».
Le Qatar, déjà engagé dans cette crise — il a dû démentir une accusation iranienne selon laquelle il détiendrait des pilotes de bombardiers iraniens, rapporte Al Jazeera —, se retrouve à la fois médiateur du cadre qui expire et voisin direct d'un pays désormais visé par une menace militaire américaine.
