ANGLE DOMINANT
Singapour mesure, depuis la place forte du trafic maritime mondial, le risque que la menace de Trump contre Oman fait courir au détroit d'Ormuz et à un cinquième du commerce pétrolier mondial.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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« Si Oman se met en travers, on va les bombarder à mort », a déclaré Donald Trump à Fox News le 17 août 2026.
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Le protocole d'accord signé le 17 juin butait, à son échéance des 60 jours, sur l'interprétation du contrôle du détroit d'Ormuz (point 5).
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Un responsable iranien a indiqué à Reuters que Téhéran passe d'une posture défensive à « pleinement offensive » dans le détroit d'Ormuz.
ANALYSE
Singapour, 18 août 2026. Depuis la cité-État qui négocie chaque jour le trafic maritime mondial, la presse retient une phrase crue de Donald Trump : « Si Oman se met en travers, on va les bombarder à mort », lâchée le 17 août au journaliste de Fox News Trey Yingst, en marge de pourparlers entre Mascate et Téhéran sur l'avenir de la navigation dans le détroit d'Ormuz. Le président américain avait déjà proféré une menace similaire en mai.
Oman et l'Iran négocient depuis des semaines un arrangement maritime pour rouvrir ce goulet d'étranglement, fermé par Téhéran depuis le 28 février au début de la guerre américano-israélienne. Selon le ministère iranien des Affaires étrangères, les deux parties travaillaient le 17 août à une déclaration commune ; une « carte de navigation » aurait même été finalisée, sans que cela ne garantisse une réouverture du couloir. Trump, lui, a réitéré le 14 août qu'il pourrait déclarer le détroit territoire américain — Téhéran a répliqué qu'Ormuz « restera iranien ».
Le 17 août marquait aussi l'échéance des 60 jours fixés par le protocole d'accord signé en juin, censé mener à un règlement plus large sur le programme nucléaire iranien. L'accord a buté sur l'interprétation de son point 5, Téhéran estimant qu'il lui donne le droit de gérer le détroit, Washington le contestant. Un responsable iranien a indiqué à Reuters que Téhéran bascule désormais d'une posture « défensive » à « pleinement offensive », prêt à une action militaire pour briser le blocus naval américain si la diplomatie échoue.
L'enjeu, pour une place qui vit du fret et de l'assurance maritime, se mesure en chiffres : un cinquième du commerce mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié transitait par Ormuz avant le conflit, et le trafic y reste toujours fortement ralenti. Sur fond de cette impasse, la cote de popularité de Trump est tombée à 33 %, son plus bas niveau depuis son retour à la Maison Blanche, selon un sondage Reuters/Ipsos — 80 % des Américains sondés jugent que l'implication américaine en Iran va durer.
En clôture d'une séquence de six mois de guerre, Téhéran affronte aussi la perspective de sanctions économiques inédites promises par Washington, dans un pays déjà fragilisé par l'inflation et une monnaie affaiblie.
SOURCES (2)
- Straits TimesMOYEN
