ANGLE DOMINANT
Londres mesure l'écart entre la menace verbale de Trump et le rôle diplomatique effectif d'Oman, resté au centre des tractations sur le détroit d'Ormuz.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Trump a déclaré à Fox News : « If Oman gets in the way, we'll bomb the s*** out of them », alors que le mémorandum de 60 jours avec l'Iran expirait lundi.
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Oman, allié américain depuis 1980, avait contribué à négocier l'accord nucléaire iranien de 2015 et négocie avec Téhéran une carte de transit du détroit d'Ormuz sans frais durant la période intérimaire.
- 03
Un navire a été attaqué mardi dans le détroit d'Ormuz, un jour après l'expiration du mémorandum ; l'UKMTO signale des dégâts et un blessé, secourus par les garde-côtes omanais.
ANALYSE
Londres, 18 août 2026. La BBC et The Independent consacrent une large place aux propos de Donald Trump menaçant de « bombarder » Oman, allié historique des États-Unis dans le Golfe, s'il « se met en travers » de ses tractations avec l'Iran. La menace, formulée lundi lors d'un entretien accordé à Fox News, intervient au moment précis où expire le mémorandum de 60 jours censé encadrer la confrontation entre Washington et Téhéran. Interrogé par un journaliste de la BBC dans le Bureau ovale sur une éventuelle prolongation de cet accord, Trump a répondu d'un sec « No. »
La presse britannique rappelle que ce n'est pas une première : le président américain avait déjà averti en mai qu'Oman devrait « se comporter comme tout le monde, ou nous devrons les faire sauter », l'exhortant à rejoindre les accords d'Abraham. The Independent note que la Garde révolutionnaire iranienne a répliqué en qualifiant ces propos de « fantasmes nés du délire et des cauchemars de défaite dans la guerre », et accusé Trump de vouloir « contrôler le prix du pétrole et de l'énergie ».
Ce que la BBC et The Independent soulignent, c'est le décalage entre cette rhétorique et le rôle diplomatique qu'Oman continue d'assumer : le sultanat, qui avait contribué à négocier l'accord nucléaire de 2015, sert aujourd'hui d'intermédiaire pour rouvrir le détroit d'Ormuz, fermé depuis près de six mois. Téhéran a annoncé lundi être proche de finaliser avec Mascate un accord technique sur une carte de transit — les navires entrant côté iranien et sortant côté omanais, sans frais durant la période intérimaire, selon le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.
Le climat reste tendu : un commandant de l'armée iranienne a menacé de « casser les jambes » de Trump après que celui-ci a évoqué l'idée de déclarer le détroit territoire américain, affirmant que les forces américaines avaient été « effectivement chassées » du Golfe. The Independent relève aussi qu'un navire a été attaqué mardi matin dans le détroit, un jour après l'expiration du mémorandum : l'UKMTO signale des dégâts à la salle des machines et un blessé parmi l'équipage, secouru par les garde-côtes omanais.
Pour la presse britannique, l'épisode illustre la fragilité du statut d'allié dans la doctrine Trump : Oman, partenaire de défense de Washington depuis 1980, se retrouve menacé au moment même où il rend service aux intérêts américains sur Ormuz.
SOURCES (2)
- The IndependentMOYEN
- Trump again threatens to 'bomb the s*** out of' ally Oman over Strait of Hormuz
- Iran-US war latest: Trump says Tehran cannot have nuclear weapon in 'any way, shape, or form' as ceasefire deal expires
- Iran working to finalize Hormuz agreement with Oman, and other news from the Middle East
- Iran-US war latest: Ship attacked in Strait of Hormuz as Trump casts doubt over peace deal
