ANGLE DOMINANT
Moscou présente l'accord sur le diesel comme une normalisation commerciale : Novak met en avant des volumes chiffrés et la stabilisation du marché mondial, tandis que Meduza relaie l'objection de Kiev.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Novak (TASS, Interfax) : 300 000 t de diesel en octobre, 500 000 t en novembre, 1 Mt en décembre, jusqu'à 3 Mt par mois à terme.
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La licence générale n° 135 de l'OFAC, signée le 9 octobre, autorise le diesel russe jusqu'au 7 avril 2027 mais exclut les comptes de la Banque centrale et du ministère des Finances.
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Le politologue Alexeï Naoumov (Vedomosti) voit dans la décision de Trump un calcul de politique intérieure, sans perspective de règlement ukrainien.
ANALYSE
Moscou, 10 octobre 2026. La presse russe traite l'accord sur le diesel comme une affaire de marché et de calendrier de livraisons. Donald Trump a écrit sur Truth Social avoir mené des « discussions réussies » avec Vladimir Poutine : plus de 300 000 tonnes livrées immédiatement aux marchés américain et internationaux, 500 000 tonnes en novembre, un million « juste après ». Vedomosti ajoute que Trump évoque 3 millions de tonnes supplémentaires, « selon l'état des raffineries russes ».
Côté russe, le vice-Premier ministre Alexandre Novak a détaillé le plan à TASS et à Interfax : 300 000 tonnes dès octobre, 500 000 en novembre, un million en décembre, jusqu'à 3 millions de tonnes par mois à terme. Il assure que « le marché russe sera lui aussi entièrement approvisionné » et que Moscou lève sans attendre, avant l'échéance prévue, ses restrictions à l'exportation de diesel. Meduza rappelle que l'interdiction d'exporter court jusqu'à fin octobre, instaurée après les frappes ukrainiennes sur les raffineries et la crise du carburant de l'été.
Le volet américain est décrit avec précision par Vedomosti : la licence générale n° 135 de l'OFAC, signée le 9 octobre par Bradley Smith, autorise jusqu'au 7 avril 2027 les transactions liées au diesel d'origine russe, y compris l'importation aux États-Unis, mais pas les versements sur les comptes de la Banque centrale, du Fonds de bien-être national et du ministère russe des Finances. Le quotidien note que de telles licences « ne changent pas la nature du régime de sanctions ».
Les lectures divergent sur la portée. Selon Interfax, Novak dit que la Russie « évalue positivement » les mesures américaines de stabilisation du marché. Le conseiller présidentiel Iouri Ouchakov, interrogé sur d'éventuelles concessions américaines, renvoie vers Washington : la partie américaine « donnera des explications supplémentaires ». Le politologue Alexeï Naoumov, cité par Vedomosti, juge que Trump agit d'abord pour des raisons de politique intérieure, la guerre avec l'Iran ayant renchéri le diesel, et qu'on n'y voit pas de perspective de règlement ukrainien. Sputnik indique que le diesel a atteint un record de 6,50 dollars le gallon le 22 septembre, contre 6,27 aujourd'hui. TASS et Sputnik rapportent que Trump a ensuite remercié publiquement Poutine. Meduza est seul à relayer Zelensky, pour qui la décision est un « investissement dans la guerre ».
