ANGLE DOMINANT
Berlin dénonce la position unilatérale de Washington sur le détroit d'Ormuz, mais s'inquiète surtout de la poursuite de l'escalade militaire contre l'Iran.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Trump a annoncé puis retiré en 24 heures une taxe de 20 % sur le fret via le détroit d'Ormuz, la remplaçant par des accords commerciaux et d'investissement avec les États du Golfe.
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L'OMI (ONU) a jugé qu'il n'existe aucune base légale à cette redevance ; le Verband Deutscher Reeder, via son directeur Martin Kröger, a dénoncé une décision unilatérale contraire au libre accès aux eaux internationales.
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Le blocus naval américain a été rétabli mardi à 22h heure allemande, avec une quatrième nuit de frappes touchant la centrale nucléaire de Bouchehr, suivie de représailles iraniennes contre le Koweït, la Jordanie et Bahreïn.
ANALYSE
Berlin, 15 juillet 2026. Pour l'Allemagne, première puissance exportatrice d'Europe et directement tributaire du fret transitant par le détroit d'Ormuz, le rétropédalage de Donald Trump sur sa « taxe de 20 % » a d'abord soulagé les milieux économiques avant de céder la place à l'inquiétude face à une escalade militaire qui, elle, ne faiblit pas.
Le président américain avait annoncé lundi vouloir prélever, « pour des raisons d'équité », une redevance équivalant à 20 % de la valeur du fret sur tout navire empruntant la Straße von Hormus. Un jour plus tard, il faisait volte-face sur Truth Social : après des « conversations très productives » avec des dirigeants du Golfe non identifiés, la taxe serait remplacée par des accords commerciaux et d'investissement, censés générer des retombées « massives » pour ces États.
L'Organisation maritime internationale de l'ONU avait entre-temps jugé qu'il n'existait « aucune base légale » à une telle redevance. Le Verband Deutscher Reeder, qui représente les armateurs allemands, a tenu un langage tout aussi ferme : son directeur général Martin Kröger a déclaré au Wirtschaftswoche qu'« aucun État ne devrait faire dépendre unilatéralement l'accès libre à une voie navigable internationale de redevances ».
Le recul sur la taxe ne s'accompagne toutefois d'aucun apaisement militaire. Le Pentagone a réactivé mardi, à 22 heures heure allemande, le blocus naval des ports et côtes iraniennes, mobilisant selon le CENTCOM plus de vingt navires de guerre et des centaines d'appareils. Une quatrième nuit de frappes a notamment visé la centrale nucléaire de Bouchehr, seule installation active du pays, tandis que Trump menaçait, dans un entretien à Fox News, de « détruire toutes les centrales électriques et tous les ponts » si Téhéran ne revenait pas à la table des négociations.
En représailles, l'Iran a frappé les alliés du Golfe que sont le Koweït, la Jordanie et Bahreïn. Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghtchi a raillé sur les réseaux sociaux le projet américain initial : « 20 %, c'est évidemment trop. Nous, nous serons justes. »
Pour Berlin, dont l'économie exportatrice dépend d'un flux maritime stable via le Golfe, ce dossier confirme la fragilité persistante d'une route commerciale vitale, otage d'une escalade qui n'a rien perdu de son intensité malgré le repli tarifaire américain.
SOURCES (4)
- FAZMOYEN
- HandelsblattMOYEN
