ANGLE DOMINANT
Rome décrypte le nouveau dietrofront de Trump sur Ormuz comme le symptôme d'une politique erratique qui menace les marchés énergétiques européens.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Trump renonce à la taxe de 20% sur le fret transitant par Ormuz après des appels des émirs du Golfe, leur préférant des accords commerciaux et d'investissement (ANSA, 14-15/07)
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Le blocus naval américain contre les ports iraniens a repris mardi à 22h heure italienne, avec une troisième nuit consécutive de raids du Centcom sur des sites militaires iraniens (Adnkronos)
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Un porte-parole du gouvernement iranien, Fatemeh Mohajerani, affirme que plus de 30 civils ont été tués dans les récents raids américains dans le sud de l'Iran (ANSA)
ANALYSE
Rome, 16 juillet 2026. La presse italienne décrypte le nouveau dietrofront de Donald Trump sur le détroit d'Ormuz comme le symptôme d'une politique erratique qui menace de faire dérailler les marchés énergétiques dont dépend l'Europe, très exposée à ce couloir par lequel transite un cinquième des exportations mondiales de pétrole et de gaz liquéfié.
Selon les agences italiennes, le président américain avait d'abord annoncé lundi vouloir imposer un péage de 20% sur toutes les marchandises transitant par le détroit, présenté comme un remboursement pour le rôle de « gardien » assuré par les États-Unis. Quelques heures plus tard, après des appels téléphoniques des émirs du Golfe, « ils m'ont appelé pour me demander d'investir aux États-Unis plutôt que de subir la taxe de 20% », a expliqué Trump, qui a fait volte-face en préférant des « accords commerciaux et d'investissement » avec les États du Golfe.
La Repubblica souligne la contradiction avec ses propres conseillers : le vice-président JD Vance et le secrétaire d'État Marco Rubio avaient répété pendant des mois qu'aucun péage ne pouvait être imposé sur une voie d'eau internationale. Rubio l'avait encore affirmé le 23 juin, quelques jours avant la signature d'un mémorandum d'entente avec Téhéran, aujourd'hui fragilisé par la reprise des hostilités.
Le blocus naval américain contre les ports iraniens a repris mardi à 22h heure italienne, après une précédente application de deux mois entre avril et juin. Le Centcom a lancé une troisième nuit consécutive de raids visant sites de missiles, capacités de drones et navales, dépôts de munitions et réseaux de surveillance côtière, en représailles à une attaque contre un porte-conteneurs chypriote. Téhéran a riposté contre des bases américaines et alliées, dont Prince Hassan en Jordanie, ainsi qu'au Bahreïn et au Koweït ; Amman a abattu trois missiles iraniens.
Trump promet de frapper « centrales électriques et ponts » la semaine prochaine, réservant l'énergie « pour la fin », et envisage la prise de contrôle de l'île de Kharg, d'où part 90% des exportations pétrolières iraniennes. Un porte-parole du gouvernement iranien affirme que plus de 30 civils ont été tués dans le sud du pays. Les Gardiens de la révolution maintiennent le détroit fermé « jusqu'à la fin des agressions américaines ».
