ANGLE DOMINANT
Séoul scrute avec prudence le revirement de Washington sur le péage d'Ormuz, redoutant les conséquences directes sur ses importations d'énergie et sa flotte marchande.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Trump a annoncé lundi un péage de 20 % sur le fret transitant par Ormuz, puis y a renoncé mardi au profit d'accords d'investissement avec les États du Golfe (Yonhap).
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Le porte-parole du ministère sud-coréen des Affaires étrangères, Park Il, a dit suivre la situation sans faire de commentaire précis, faute de détails sur la mise en œuvre (Korea Times).
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L'éditorial du Korea Times qualifie le projet initial de péage de « rupture stupéfiante » menaçant l'ordre maritime international dont dépend le commerce coréen.
ANALYSE
Séoul, 15 juillet 2026. Le revirement du président américain sur le détroit d'Ormuz a placé Séoul en position d'observateur inquiet. Lundi, Donald Trump avait annoncé que les États-Unis se poseraient en « gardien » du détroit et se feraient « rembourser » à hauteur de 20 % de la valeur de toute cargaison transitant par la voie, tout en rétablissant le blocus naval des ports iraniens. Mardi, il a abandonné ce projet de péage, lui préférant des « accords commerciaux et d'investissement » avec les États du Golfe : « Sur la base de conversations très productives avec les dirigeants du Moyen-Orient, j'ai décidé de remplacer les 20 % de frais de remboursement par des accords d'investissement massifs », a-t-il écrit sur Truth Social.
Pour la diplomatie sud-coréenne, très dépendante du détroit pour ses importations de pétrole et de gaz, la prudence reste de mise. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Park Il, a indiqué que le gouvernement « continue de suivre les développements liés au détroit » tout en se refusant à tout commentaire précis, faute d'informations sur la mise en œuvre exacte de la mesure initiale. Le ministère des Océans et de la Pêche, par la voix de Jeong Do-hyun, a lui aussi éludé la question de savoir si Ormuz relève du statut de détroit international garantissant le libre passage selon la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, renvoyant le sujet à la sphère diplomatique.
L'éditorial du Korea Times va plus loin, qualifiant l'idée initiale de péage de « rupture stupéfiante » avec les principes que Washington a toujours défendus : si les États-Unis peuvent facturer un droit de passage international au nom de leur présence navale, « sur quel fondement légal ou moral peuvent-ils continuer à critiquer l'Iran, ou tout autre État côtier, pour la même chose ? » Le journal y voit une menace pour l'ensemble de l'ordre maritime mondial, de Malacca à Bab-el-Mandeb. En arrière-plan, trois nuits consécutives de frappes américaines ont visé les capacités militaires iraniennes liées au détroit, avec un premier usage de drones sous-marins en combat, selon KBS World.
SOURCES (3)
- YonhapMOYEN
- Korea TimesMOYEN
- KBS WorldMOYEN
